Interview Shopmium

Le mobile va révolutionner l’expérience d’achat physique. Un des axes forts de cette révolution réside dans la création de trafic en magasins via des offres géolocalisées . L’application Shopmium a toutes les chances pour être dans le peloton de tête de ces nouveaux services. Fondée par Eli Curetti, Quentin de Chivré et Philippe Cantet, la start-up a levé 1,6 millions d’euros auprès d’Isai et d’Accel Partners en décembre dernier.  Elle a également reçu le Prix de la meilleur stratégie de recrutement/fidélisation sur mobile lors des Trophées internet mobile 2011 organisés par Orange et le Journal du Net.  Nous avons rencontré Aurélie Labonne, community manager de Shopmium pour en savoir plus.

1/ Peux-tu nous présenter ton parcours et la société Shopmium ?

J’ai travaillé chez TMG Media group, société du groupe Priceminister, notamment sur la partie affiliation et monétisation, où j’ai travaillé avec Eli Curetti. J’ai ensuite été responsable de clientèle chez MakeMeReach. J’ai rejoint Shopmium, dont je suivais le développement du coin de l’œil, il y a quelques mois en tant que Community Manager. Je suis en quelque sorte la voix des utilisateurs. L’application Shopmium est gratuite sur iOS et Android et propose aux utilisateurs de découvrir de nouveaux produits gratuits ou avec de très fortes réductions dans les magasins qui les entourent. Nous proposons un vrai service de couponing totalement dématérialisé, valable dans n’importe quel point de vente distribuant les produits de l’offre en question.

Rien de mieux qu’une video de présentation du service :

2/ Combien d’utilisateurs avez-vous aujourd’hui et quels sont les feedback que vous recevez?

Nous avons plus de 150 000 téléchargements  pour environ 100 000 utilisateurs actifs. Les utilisateurs ont la possibilité de nous contacter via l’application ou sur notre page facebook. Nous recevons beaucoup de feedback positifs, l’application plaît vraiment beaucoup. Le petit bémol qui revient souvent ? Pas assez d’offres. Mais pas de panique, elles arrivent ! La disponibilité des produits en magasins est également un point qui revient régulièrement. Comme ni les marques ni nous n’avons de visibilité sur les stocks, il arrive qu’un produit ne soit plus en magasin. Mais les utilisateurs comprennent bien cela et ne sont pas réticents à l’idée d’aller voir dans d’autres magasins.

3/ Pouvez-vous nous rappeler les bénéfices pour les consommateurs ?

C’est 100% gagnant pour nos utilisateurs. L’application est gratuite, son utilisation également. Il faut juste créer un compte et renseigner ses informations pour le remboursement qui se fait via Paypal, sur un compte bancaire ou sous forme de don aux Petits Frères des Pauvres. Les virements de remboursements sont effectués sous 1 à 2 jours ouvrés. Après l’achat correspondant à une offre en cours, le consommateur scanne le code barre du produit avec son iPhone/Android, prend en photo son ticket de caisse et c’est tout. Nous lui permettons donc d’économiser le temps passé à faire un courrier et le poster, et surtout l’attente du retour et le dépôt du chèque de remboursement à sa banque… On est 100% dématérialisé, donc écologique !

Les trois fondateurs de Shopmium : Eli Curetti, Quentin de Chivré et Philippe Cantet

4/ Quelle est votre offre pour les marques ?

Notre positionnement est vraiment axé sur les nouveautés et la découverte de produits. L’idée est d’inciter le consommateur à essayer un nouveau produit qu’il n’aurait peut-être pas acheté sans Shopmium. Par ailleurs, nous mettons en scène les produits sur des pages produits présentant l’offre,  dont nous soignons la présentation, ce sont autant de contacts media pour la marque. Nous avons fait faire des études externes qui démontrent que les avantages pour les marques sont réels. Nous apportons de nouveaux clients plutôt que de toucher les clients existants, et ces clients déclarent racheter le produit, sans réduction, dans les semaines qui suivent. Nous avons donc un impact direct et indirect sur les ventes, avec une réelle valeur média. Côté sécurité et fiabilité pour les marques, nous avons mis au point un système de contrôle de la fraude que nous faisons breveter.

5/ Parmi toutes les offres que vous avez lancé, quelle est la réduction la plus souvent utilisée ?

Cela dépend vraiment des marques, du type de produit et de la valeur de ce dernier. Sur des produits aux prix élevés, l’offre est plutôt exprimée en euros, sur des produits moins chers on communique souvent sur du 100% de réduction, c’est-à-dire que le produit est offert ! C’est tout à fait en ligne avec notre positionnement d’être un tremplin pour des produits à découvrir, on aide les marques à faire tester leurs produits par les consommateurs.

6/ Qu’en pensent les enseignes de la distribution, sachant que vous donnez des outils aux marques pour établir un contact commercial direct avec les consommateurs ?

C’est vrai, mais nous envoyons les clients acheter les produits en magasins à pleine valeur. De plus, et nous le voyons sur les tickets de caisse qui sont remontés, il y a souvent de nombreux autres articles sur le ticket. Nous créons donc du « trafic en magasins » pour les enseignes. A ce stade, nous avons eu plusieurs retours positifs de la part des enseignes sur notre service.

7/ Quels sont vos concurrents ?

Nous avons bien entendu des concurrents plus ou moins éloignés que sont les sociétés de couponing traditionnel ou encore des applications mobile de scan de produits. Mais pour le moment nous sommes les seuls à proposer une offre de coupons 100% dématérialisée. Nous savons que des imitateurs vont arriver bientôt, et nous le prenons comme un compliment sur notre idée et notre service…

8/ On sait que le cashback peine à décoller en France contrairement aux US, les Français seraient-ils frileux sur ces offres qui pourtant ne cachent rien et avec lesquelles les consommateurs ont tout à gagner ?

Certes, les Français sont en effet plutôt méfiants quand on leur promet des produits gratuits ou des réductions. Pour autant, nous constatons que l’environnement mobile et notamment iPhone est plutôt rassurant pour les utilisateurs et nous ne retrouvons pas forcément de réticence comme cela est peut-être le cas sur le web. Les applications sont très contrôlées dans les stores d’applications, cela doit rassurer les mobinautes.

Je vous recommande vivement d’essayer le service sur l’application sur iOS ou sur Android.

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Vincent Tessier

Vincent Tessier

Head of Sales France chez Trademob Gmbh, précédemment responsable du SEM et de l'affiliation chez Cellfish Media et Directeur de clientèle chez AOL Advertising. Dîplomé de l'ISC Paris et du MBA Marketing et Commerce sur Internet de l'ILV.
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