Aaron Swartz, un enfant du web, tué par le vieux monde

J’avais vaguement entendu parlé de cette nouvelle. Le suicide d’Aaron Swartz, il y a tout juste deux ans, le 11 Janvier 2013. J’ai récemment visionné ce documentaire, en partie financé par une campagne Kickstarter, sorti à l’été 2014 et j’ai été bouleversé par son histoire. J’ai donc eu envie de partager cela ici, sur mon blog et vous invite à prendre le temps de visionner à votre tour ce film.

Qui est Aaron Swartz me direz-vous? Un jeune prodige de l’informatique, qui s’est très tôt investi dans le développement du web (lesflux RSS, les Creative Commons, membre du W3C), qui a fondé le site Reddit qui a vendu à CondeNast. Et après quelques jours de travail dans cette grosse boite qu’est Condé Nast, a claqué la porte pour trouver sa voie. Et sa voie a été l’engagement politique, l’activisme, la magie de l’informatique au service d’une cause. Il a donc ensuite fondé le cybergroupe Demand Progress et surtout fortement influencé la victoire contre le projet de loi SOPA. Le problème c’est qu’en cours de route, il a hacké le site de JSTOR, téléchargeant 4,8 million d’articles, ceci afin de dénoncer le fait que cette société faisait des fortunes en faisant payer pour de la connaissance, qu’il considérait devoir être du domaine publique. Le gouvernement Américain a décidé de le poursuivre en Justice, alors même que JSTOR a abandonner les poursuites, et d’en faire un exemple, a fait planer une peine de prison très lourde (35 ans) et de fortes amendes (1 millio de dollars) sur lui durant un procès qui a duré 2 ans. Il n’a jamais accepté de plaider coupable, n’a pas courbé le dos, est resté droit dans ses bottes et en ligne avec ses convictions. Mais la pression a été trop forte, et il s’est donné la mort un mois avant son procès. En voulant faire évoluer la loi américaine, en dénonçant ce qu’il considérait comme des injustices, il a menacé le pouvoir en place. Il en a payé le prix.

Dingue.

Et le parallèle avec Steve Jobs, Bill Gates qui eu aussi on débuté leur carrière en faisant des choses non autorisés, en hackant, sauf que eux ont ensuite choisit de faire de l’argent avec leur talent, alors que ce jeune mort à 27 ans voulait utiliser son talent, voir son ingéniosité à « changer le monde ». Beau slogan que la plupart des start-up de la Silicon Valley adoptent comme un mantra, mais qui n’est que rarement leur motivation première.

À propos de l'auteur: Vincent Tessier

Head of Mobile chez LaPlaceMedia, 1er adexchange privé. Ex-Trademob, Cellfish Media et AOL Advertising. Dîplomé de l'ISC Paris et du MBA Marketing et Commerce sur Internet de l'ILV.

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