Aaron Swartz, un enfant du web, tué par le vieux monde

J’avais vaguement entendu parlé de cette nouvelle. Le suicide d’Aaron Swartz, il y a tout juste deux ans, le 11 Janvier 2013. J’ai récemment visionné ce documentaire, en partie financé par une campagne Kickstarter, sorti à l’été 2014 et j’ai été bouleversé par son histoire. J’ai donc eu envie de partager cela ici, sur mon blog et vous invite à prendre le temps de visionner à votre tour ce film.

Qui est Aaron Swartz me direz-vous? Un jeune prodige de l’informatique, qui s’est très tôt investi dans le développement du web (lesflux RSS, les Creative Commons, membre du W3C), qui a fondé le site Reddit qui a vendu à CondeNast. Et après quelques jours de travail dans cette grosse boite qu’est Condé Nast, a claqué la porte pour trouver sa voie. Et sa voie a été l’engagement politique, l’activisme, la magie de l’informatique au service d’une cause. Il a donc ensuite fondé le cybergroupe Demand Progress et surtout fortement influencé la victoire contre le projet de loi SOPA. Le problème c’est qu’en cours de route, il a hacké le site de JSTOR, téléchargeant 4,8 million d’articles, ceci afin de dénoncer le fait que cette société faisait des fortunes en faisant payer pour de la connaissance, qu’il considérait devoir être du domaine publique. Le gouvernement Américain a décidé de le poursuivre en Justice, alors même que JSTOR a abandonner les poursuites, et d’en faire un exemple, a fait planer une peine de prison très lourde (35 ans) et de fortes amendes (1 millio de dollars) sur lui durant un procès qui a duré 2 ans. Il n’a jamais accepté de plaider coupable, n’a pas courbé le dos, est resté droit dans ses bottes et en ligne avec ses convictions. Mais la pression a été trop forte, et il s’est donné la mort un mois avant son procès. En voulant faire évoluer la loi américaine, en dénonçant ce qu’il considérait comme des injustices, il a menacé le pouvoir en place. Il en a payé le prix.

Dingue.

Et le parallèle avec Steve Jobs, Bill Gates qui eu aussi on débuté leur carrière en faisant des choses non autorisés, en hackant, sauf que eux ont ensuite choisit de faire de l’argent avec leur talent, alors que ce jeune mort à 27 ans voulait utiliser son talent, voir son ingéniosité à « changer le monde ». Beau slogan que la plupart des start-up de la Silicon Valley adoptent comme un mantra, mais qui n’est que rarement leur motivation première.

Les tendances digitales 2014 selon Mary Meekers

Encore une fois, le marché a les yeux rivés sur ce cru 2014 des analyses de Mary Meekers, du cabinet d’analyse KPCB. 164 slides de graph et d’analyse des tendances, bien sur cela parle du mobile, des tablettes, des pays émergents mais aussi de TV, de video on demand, de taxi, de dating, de personnalisation et bien d’autres choses encore. Voici une sélection de quelques slides qui m’ont semblé pertinentes.

Key trends :

  • La croissance des utilisateurs d’internet croit de moins en moins vite, la croissance bient désormais des pays où la monétisation est plus difficile
  • Les abonnements mobile smartphone continue de croitre fortement à + de 20%
  • Les tablettes sont encore qu’à leur début, et avec une croissance de +52%
  • La data mobile est en pleine explosion, +81% drivé notamment par la vidéo
  • L’éducation et la santé en ligne est une secteur à potentiel
  • La montée en puissance des app de messagerie
  • La spécialisation des apps « internet unbundling

30% de smartphone sur les 5,2 milliards de téléphone en circulation dans le monde

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Le traffic mobile passe de 14 à 25% entre 2013 et 2014

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La publicité mobile en croissance de +47% pour représenter 11% du pluri-media

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Le mobile est encore sous-investis

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Les apps représentent la majorité de la publicité mobile

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Je vous invite à consulter le reste des 164 slides de cette présentation dense :

Mais aussi la version redisigné d’un graphiste freelance de talent, Emiland :

Google lance son adexchange video premium

Google a organisé récemment son 14ème Customer Advisory Board (CAB). Lors de son évènement annuel Google a annoncé plusieurs nouveautés, Google Partner Select, l’intégration d’outil de visibilité,  Google Brand lift en plus de Google Preferred lancé en Avril dernier. Je vous invite à regarder dans le détails ce qui a été annoncé.

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La smartwatch de Neal Mohan, dans ses années lycées

La vidéo représentera 75% du traffic internet d’ici à 2018, selon une étude publiée par Cisco. La vidéo représente également un format stratégique pour la croissance du marché publicitaire. Selon le SRI, le marché pub vidéo en France étaient de 136M en 2013, avec une croissance de +32% versus 2012. Google a racheté Youtube 1,6 milliards de dollars en 2006 et a imposé depuis une facturation à la vidéo vue. Un modèle d’achat qui plait aux annonceurs bien sur, comme le CPC, vous ne payez que si la publicité a fait son effet (vidéo vue, lien texte cliqué). Mais Google, dont la prochaine étape est de capter les budgets branding, notamment TV, souhaite innover et apporter de nouveaux indicateurs de mesure d’efficacité de la publicité vidéo sur internet. Google a annoncé de nouveaux indicateurs comme le Google Brand Lift. Par ailleurs, la qualité des vidéos hébergées sur Youtube a longtemps été de l’UGC (user generated content), autrement dit bien souvent des vidéos de chat. Or d’un part cela change, et Google invite depuis longtemps maintenant les contenus premium à diffuser leurs contenus sur Youtube. L’annonce de la chaine officiel de Dreamworks TV va dans ce sens. C’est également pourquoi Google souhaite lancer un réseau publicitaire vidéo, c’est à dire prendre en régie de l’inventaire vidéo tiers, hébergé sur d’autres site que Youtube, opéré en programmatique.

La vidéo représente 75% du traffic internet

C’est la raison pour laquelle la vidéo digitale est actuellement un champ de bataille (rachat d’adapt.tv par AOL, Yahoo qui convoitaient Dailymotion, Prisma qui rachète Advideum…).

Video online traffic by 2018

La vidéo publicitaire online croît de 19,5% par an alors que la TV en baisse de 2,8%

video-annual-growth IABGoogle lance un adexchange vidéo premium

Ces tendances sur la vidéo online donne enfin l’arme que Google attendait depuis longtemps pour pouvoir absorber les budgets branding des marques. Neal Mohan annonce que pour la première fois en 2013 aux US, les marques ont dépensé plus online qu’en Télévision. Le digital devient un must have. Jusqu’ici il fallait être devant un PC pour être connecté. Aujourd’hui aux US, il y a plus de téléphone que d’américains. Le traffic mobile croit 3x plus vite que le traffic desktop. Avec 12% du temps passé sur le mobile, la notion de always est devenu une réalité. Aujourd’hui, on ne va plus sur internet, on est y continuellement connecté. La vidéo est devenue la forme dominante de consommation de contenu et elle est passée à 4 dimensions : le son, la vue, le mouvement et maintenant interaction. Les créateurs de Youtube ont crée une audience plus grande que celle qui consomme du brodcast TV. Aujourd’hui, les 18-34 ans sont plus sur Youtube que sur n’importe quel cablo-opérateurs. Il se consomme 1,2 milliards de vidéos par jour sur Youtube aux US. En une mn, il s’upload 100 heures de vidéos sur Youtube, c’est 500 heures de contenus par mois, par jour ils s’upload plus de vidéos que les 3 Broadcasters ont crée sur les 5 dernières années.

Google argumente que son offre a 1/ la scale nécessaire 2/ des contenus pertinence pour l’audience  3/ utilise désormais la vidéo comme format principale, le format utilisé depuis plus de 60 ans pour le storytelling. L’idée est de convaincre que le digital est centrale pour construire une marque. Neal pointe cependant encore quelques freins, vous pouvez dépenser des millions en TV en une poignée de main, en web c’est un peu plus compliqué que cela, notamment avec les annonces suivantes :

  • Google Preferred : accéder facilement au Top 5% des contenus présents dans Youtube classés par popularité et engagement (lancé fin Avril dernier lors de l’annuel Youtube Brandcast, lors du Digital Content Newfronts de l’IAB)
  • Google Partner Select : la même chose mais au travers des contenus vidéos hors de Youtube, autrement dit il s’agit d’un réseau publicitaire vidéos pour les éditeurs premium, accessible en progammatique.
  • Ventes garanties via le RTB : le programmatique direct garantie est désormais accessible via le DSP de Google, Doubleclick Bid Manager.

Josh Jacobs, le CEO d’Accuen, trading desk d’Omnicom, considère que la TV est un medium idéal pour bâtir une marque mais que le web peut être encore meilleur que la TV. Il considère l’initiative de Google comme une grande opportunité, il s’agit de rassembler les capacités de ciblages offertes par le programmatique et la data avec les contenus premium des meilleurs éditeurs. Il s’agit de construire une vraie alternative au média TV, toute l’ambition de Google depuis plusieurs années.

Google veut révolutionner la mesure du branding

L’autre frein que la facilité d’achat et la difficulté de trouver le bon contenu dans une multitudes de sites et de contenus qu’héberge désormais le web est la mesure. En effet les mesures du web actuelles sont parfaites pour les annonceurs performances (direct response) et ont permis à la publicité digitale d’exploser mais ne sont pas forcément adaptés aux campagnes de notoriété.

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Google souhaite renforcer les outils de visibilité et de mesures des budgets investis sur sa plateforme. Une étude ComScore sur la visibilité, 54% des publicités ne seraient pas vues. Google travaille avec l’IAB et va intégrer les solutions de visibilité de nielsen et de comScore. L’idée est de trouver une mesure branding pour tous les leviers web : le display, mobile et vidéo.

Exposition de ma publicité

  • Est-ce que ma publicité est vue?
  • Est-ce que ma publicité est vue par la bonne audience?

Mesurer l’impact de ma publicité sur la notoriété de ma marque : Google Brand lift

  • Quelle vidéo a apporter le meilleur levier d’augmentation de la préférence ou de notoriété
  • Quelle jour de la journée ma vidéo a le plus d’impact? Combien de temps dois-je montrer ma vidéo aux users?
  • Combien de fois dois-je mentionner ma marque dans ma vidéo publicitaire pour un impact optimal?
  • Combien de fois montrer le logo?

Pour lire l’annonce de Neal Mohan faite sur le blog de Doubleclick : Unlocking the Brand Opportunity

Aperçu de l’évènement Youtube Brandcast de fin Avril :

Vidéo promo de Youtube avec des interviews d’agences et de créateurs de vidéos :

  • « Les vidéos sur Youtube peuvent se répondre d’un spot à l’autre, sont revu d’années en d’années, ce qui était inimaginable avant en TV ou un spot chassait l’autre »
  • « Avec trueview, on donne le pouvoir à l’internaute de sannctioner ou pas l’annonceur sur la qualité de ce qui est délivré »
  • « Faire une idée avec laquelle les gens ont envie de jouer, ça c’est fabuleux et Youtube le permet »

Les tendances internet de 2013, par KPCB

C’est désormais un rendez-vous annuel attendu, le cabinet KPCB et son analyste vedette Mary Meeker nous livre une centaine de slides sur les tendances du digital. Certains graphiques ou chiffres sont repris à tu-tête par tout une cohorte de conférenciers tout au long de l’année, je vous propose donc d’aller à la source et d’en extraire l’essentiel.

KPCB mary meeker 2013

Qui est KPCB?

Commençons par connaître un peu l’acteur de référence qui nous livre ces analyses. KPCB est un fond d’investissement réputé (VC pour Ventur Capital) basé dans la Silicon Valley et crée en 1972. Ce fond a donc vu passer toutes les vagues technologiques jusqu’à aujourd’hui. KPCB a investit dans AOL, Amazon, Compaq, Google, Symantec et bien d’autres. Il faut également savoir qu’à peine un an après le lancement de l’iPhone, KPCB a débloqué un fond de $100M, appelé iFund, pour investir dans des développeurs d’applications (Shazam, Path, Shopkick…) et l’a doublé un an après pour atteindre les $200M. Le fond investit également $8M dans la régie mobile Inmobi. En 2010, elle crée le sFund pour les start-ups du social business et investit dans Facebook et Zynga. Enfin, KPCB est très actif dans le green business avec des investissements dans des voitures à énergies vertes. Pour résumé, les analyses publiques de KPCB sont basés sur leurs propres analyses des tendances, des start-up les plus à même de devenir des leaders dans leurs secteurs et leur clairvoyance a été maintes fois récompensée et jalousée. Un investissement de la part de ce fond représente pour une start-up un vrai signal fort envoyé à tout le marché qui la met dans une dynamique extrêmement positive. Cette année l’analyste Mary Meeker a fait sa keynote à la conférence D organisée par All Things Digital (détenu par le Wall Street journal), du 28 au 30 Mai 2013, en Californie. Parmi les speakers, le CEO de Twitter, Pinterest, Sony, GE, Box, Sheryl Sandberg de Facebook, Tim Cook d’Apple, le CEO de Motorola Mobolity, le Président de CNN Worldwide et…le CEO des San Francisco 49ers!

2,4 milliards d’internautes dans le monde

C’est beaucoup et en même temps c’est encore relativement faible par rapport à la population mondiale totale, mais aussi par rapport au nombre de personnes équipés de mobiles! La croissance est d’environ 8%. La Chine est en tête avec 564 millions d’internautes, soit 42% de taux de pénétration, les USA arrivent derrière avec 244M, l’Inde en 3ème avec 137M et un taux de seulement 11%.

KPCB 2013 - le nombre d'internautes dans le monde

Si ce n’est pas partagé sur internet, cela n’existe pas

Il se partage 500 millions de photos par jour sur internet, 11 heures uploadés sur Soundcloud, 100 heures uploadés par minute sur Youtube. Facebook est attaqué par de nouveaux services comme snaptchat, Waze, Dropcam… Dropcam voit désormais le nombre de vidéos uploadé par minutes sur son service dépasser celui de Youtube! On commence par les photos, rapidement ce seront les vidéos (déjà émergent), puis les sons et enfin nos données personnelles seront massivement partagés dans une avenir proche.

Le partage de contenu sur internet KPCBQuelques idées reçues sont mises à mal, comme le fait que les américains ne sont pas les plus à la pointe. La moyenne mondiale est à 24% des utilisateurs qui partagent de manière intense sur internet, les américains ne sont qu’à 15%.

Les internautes américains partagent moins que ceux d’Arabie saoudite

KPCB - Le partage dans le monde versus US

Le mobile bouleverse les rapports de forces

Avec plus de 6 milliards d’abonnés mobile, dont 1,5 milliards de smartphone (+30% de croissance!), le mobile représente déjà 15% du trafic web, 8% du CA de l’e-commerce aux États-Unis. En Chine, le nombre d’internautes accédant à l’internet via le mobile a dépassé le web! (slide 33). En Corée, le nombre de requêtes de search sur mobile a dépassé le web. Groupon fait 45% de ses transactions via le mobile aux US (slide 35).

KPCB 2013 - smartphone penetration

Facebook a réalisé 30% de son revenu de Q1 via le mobile. Et malgré cela, KPCB estime à 15,5 milliards d’euros le manque à gagner de la publicité mobile, c’est-à-dire ce que le mobile devrait capter comme valeur si les investissements publicitaires étaient au niveau du temps passé sur ce device.

KPCB - Temps passé et budget par mediaCe graphique illustre parfaitement la problématique du mobile en tant que média, un temps passé qui explose et des investissements publicitaires très bas.

Les tablettes, croissance encore plus rapide que le mobile

Certes les tablettes ne vont peut être pas conquérir le monde comme vont manifestement le faire les smartphones, mais on ne peut que constater que la pénétration de ce device se fait à une allure encore plus rapide.

KPCB 2013 - croissance des tablettes

Un nouveau cycle d’innovation

Évidemment, les objets connectés sont au gout du jour et font partie des tendances fortes mentionnées dans ce rapport. Les cycles d’innovation technologiques sont habituellement de 10 ans, pour autant l’industrie informatique semble être au pic de sa courbe avec un nouveau cycle en parallèle qui prendra le relai.

KPCB 2013 - cycle innovationDifficile de traduire ce qu’on appelle aux US la « wearable technology », c’est-à-dire de la technologie prêt-à-porter. Le produit le plus simple pour aborder cette nouvelle catégorie de device est la Google Glass, qui a été fortement médiatisé. Une paire de lunette est soit fonctionnelle, mieux voir, soit esthétique, Google transforme cet objet du quotidien en objet connecté permettant d’accéder au web afin d’avoir des informations supplémentaires sur la réalité devant nous, affiché dans notre champ de vision. Les applications sont bien sur nombreuses, loufoques ou très utiles. L’autre bon exemple est la voiture connecté, même chose, objet courant dont l’usage sera complètement transformé une fois connecté à l’internet. Le cabinet pointe du doigt le fait que les entreprises ont pour l’instant raté la vague mobile, ce qui ne fera que les retarder dans la prise en main de cette nouvelle vague d’innovation qui risque de perturber leur business avec une force toute aussi importante voir supérieur.

Pour conclure

Comme d’habitude, l’analyse de Mary Meeker fait du bien, donne du sens, une direction et remet dans son contexte les évènements de l’année passée. Le partage, le mobile, la data, les objets connectés, voici les sujets sur lesquels les entrepreneurs ont un terrain de création fertile pour les futurs géants technologiques de demain.

Voici la présentation complète de 117 pages :

 

 

Profils MBA ebusiness disponibles pour stage 2013

Le MBA MCI  a 15 ans et continue de former toujours plus d’experts digitaux. La promotion full time 2012/2013 arrive au terme de son apprentissage et est sur le marché dès Avril pour réaliser un stage. Je vous invite donc à consulter les profils de ces jeunes marketers pleins d’avenirs au cas où votre entreprise ou bien votre start-up aurait un besoin en la matière.

promo full time MBA MCI 2013

Promotion full time MBA MCI 2013, Twittos officiels du salon eMarleting 2013

Postes :

  • Responsable e-business
  • Chef de projet
  • Responsable communication digitale
  • Consultant
  • Community Manager

Profil stagiaire marketing digital by

Interview de Boris Deltell de Tapjoy

tapjoyLogo

Parmi les régies mobiles en pleine croissance, il y a Tapjoy, créée en 2007 à San Fransisco. Cette régie mobile à la performance propose des formats intégrés dans les applications. J’ai eu le plaisir de rencontrer Boris Deltell, sales manager à Paris pour en savoir un peu plus sur cette régie et ses spécificités.

Boris-Deltell_Tapjoy

1/ Peux-tu présenter ton parcours professionnel avant d’arriver chez Tapjoy?

J’ai tout d’abord travaillé à l’étranger au Mexique et en République tchèque, puis j’ai intégré une des premières plateformes d’affiliation mobile. Cela fait maintenant 5 ans que j’évolue dans le mobile et j’ai rejoint Tapjoy au printemps dernier en tant que Sales manager pour la France.

2/ Quelle est l’offre de Tapjoy?

Tapjoy a une offre double. Nous nous adressons aux éditeurs et développeurs d’applications en leur proposant des outils innovants de monétisation d’audience. D’un autre côté, nous proposons cet inventaire aux annonceurs souhaitant diffuser leurs messages publicitaires sur le mobile et les tablettes. Le modèle économique est soit au coût par clic, par lead, par fan, par visionnage d’une vidéo ou par installation d’une application. Notre système est basé sur les enchères, c’est dire que c’est l’annonceur qui choisit le prix, avec un minimum de 0,10€. L’offre de l’annonceur est présente sur un mur d’offres promotionnelles au sein des applications et c’est l’utilisateur qui choisit l’offre publicitaire qu’il préfère :

  • remplir un formulaire
  • effectuer un achat
  • télécharger une application
  • devenir fan d’une page facebook
  • visionner une vidéo
  • autre
En fait, toute action trackable demandée par l’annonceur sera présentée à l utilisateur. Cette action va lui permettre d’acquérir des biens virtuels : de la monnaie virtuelle pour un jeu ou bien la possibilité de débloquer un contenu pour des applications de contenus. Par conséquent, le volume d’actions est dépendant de l’enchère, pour être mis en avant au mieux, mais aussi de l’attractivité de l’offre de l’annonceur..
La market place de Tapjoy

La market place de Tapjoy

ndlr : Comme on le voit dans le parcours ci-dessus, l’utilisateur qui va dans la partie achat / boutique d’une application comme Drawsomething se voit proposer des coins gratuitement. Au lieu de payer $1,99 pour 400 pièces dans ce cas précis, il a la possibilité d’effectuer un certain nombre d’action lui permettant de gagner des coins. Dans mon test, le téléchargement de l’application de Logic-Immo m’a fait gagner 34 pièces, le visionnage d’une vidéo 3 pièces. Les intitulés proposés par Tajoy à ses utilisateurs sont les suivants :

  • « Complète une série d’étapes »
  • « Télécharge et lance cette application »

Exemple de parcours sur le mur d’offre de Tajoy :

Parcours monnaie virtuelle Tapjoy regie mobile

Dans Draw something, si je réalise un achat de minimum 25€ chez Verbaudet, je gagne 2 082 coins !

3/ Comment adressez-vous les annonceurs, par leurs agences ou en direct?

Nous sommes à l’écoute de tous les besoins et ouverts à tous les moyens de travailler avec les annonceurs intéressés par notre solution. Nous travaillons bien sûr avec les agences, avec les plateformes d’affiliation et bien sur en direct avec les annonceurs. On peut dire que nous sommes aujourd’hui à 1/3 sur chaque mode de collaboration. La pose de notre SDK n’est pas obligatoire pour travailler avec nous et c’est une force. Quand on sait qu’il faut parfois repayer son prestataire qui a réalisé son application, installer le SDK et resoumettre son application à Apple, c’est pas toujours possible. Dans tous les cas, nous avons de bonnes relations avec nos annonceurs et avons délivré de belles performance en 2012.

4/ De quelle nature est le réseau d’éditeurs de Tapjoy?

Aujourd’hui, Tapjoy monétise des applications freemium, gratuites à l’installation mais qui proposent par la suite du paiement in-app. La première catégorie d’applications intéressées par notre solution de monétisation a été les jeux. Historiquement c’est le secteur le plus représenté dans l’Apple store et où le paiement in-app est le plus naturel et développé. Ce secteur représente aujourd’hui environ 50% de notre réseau d’éditeurs. D’autres types d’applications intègrent désormais notre offre, des appli utilitaires, de réseaux sociaux mais aussi les médias. Notre format est plébiscité car les éditeurs ne souhaitent pas saturer leur audience d’interstitiel, de pré-roll et autres bannières intrusives qui déradent l’expérience utilisateur. Notre offre rend un vrai service aux internautes et est totalement intégrée à l’expérience.

5/ Le tracking est souvent problématique sur le marché du mobile, comment adressez-vous ce problème chez Tapjoy?

Concernant le tracking sur les sites web (inventaire tablette) et mobiles (site mobile marchands), le tracking est celui du marché, par pose de pixel, cookie et URL de postback. Pour le tracking des applications, il y a 3 manières de le faire :

  • Intégrer notre SDK, développé en partenariat avec l’outil d’anlaytics Kontagent
  • Serveur to Serveur
  • Clic

En effet, le tracking du clic suffit bien souvent sur notre réseau car notre audience à l’habitude d’acheter et de télécharger les applications et surtout, ils choisissent leur publicité, il ne s’agit donc pas de faux clics, mais d’une vraie intention.

6/ Comment anticipez-vous la menace d’Apple de pénaliser les applications qui proposent la promotion d’applications tierces?

En effet, Apple a publié son article 2.25 qui semble vouloir interdire cette mécanique. Tapjoy a lancé sa marketplace sur site mobile, tapjoy.com, ce qui nous permet de sortir de ce débat. C’est à dire qu’aujourd’hui nos éditeurs ne font pas de l’app to app, ils redirigent vers notre site mobile. Par ailleurs, cette marketplace améliore notre offre car elle scanne les applications installées par l’utilisateur pour proposer plus de choix de monnaie virtuelle en détectant les applis installées utilisant notre SDK éditeur.

7/ Quelle perspectives marché vois-tu pour 2013?

2013 ne sera pas encore l’année du mobile mais les perspectives sont très bonnes, la croissance est exponentielle. En termes de types de campagnes, les annonceurs feront de moins en moins de campagnes à l’installation d’applications. Ils vont diversifier leurs objectifs, en digital avec des KPIs d’actions une fois l’appli installée, le travail sur le taux de rétention. On travaillera moins le ranking que la fidélisation.  Nous verrons sûrement aussi le développement d’objectifs orientés drive to store, c’est-à-dire vers le offline , avec des coupons, l’utilisation du scan, du NFC.

tapjoy fast company8/ Tapjoy a été élue parmi les start-up les plus innovantes en 2012, que peux-tu nous dire de ton expérience et où en est le recrutement?

Les deux dernières années ont été incroyables pour Tapjoy, nous étions 80 personnes fin 2011, nous sommes déjà 350 personnes début 2013 et nous continuons de recruter. Toutes les semaines, nous avons des messages de welcome annonçant les arrivées (ndlr : il suffit de voir la liste de postes ouverts pour s’en rendre compte). Beaucoup de nouveaux projets pour nous en 2013, la plateforme va évoluer et nous allons innover en termes de moyens de monétisation. C’est l’occasion pour moi de faire passer le message que nous recrutons également au bureau parisien, sur des profils commerciaux, donc n’hésitez pas à me contacter.

Merci,

Vincent Tessier

Oui à la data, mais laquelle?

Le display est en pleine mutation, passant d’une logique de contexte à une logique d’audience. Les éditeurs prennent conscience de la valeur de leurs données utilisateurs et les agences de leur côté nourrissent de grands espoirs quant aux performances de campagnes de leurs annonceurs en les exploitant. Quelles sont les différents types de données? Lesquelles marchent réellement?

Un changement de paradigme

Audience buying, data, adexchangeTout a commencé avec les adnetworks. Ils ont commencé à agréger de l’inventaire en masse auprès de petits sites sans régies puis au fur et à mesure auprès de sites medias premium qui ne vendaient pas tout leur inventaire. Le marché a ainsi trouvé un équilibre fragile. Les annonceurs avaient accès à l’inventaire prémium auprès des régies à prix fort et en même temps se sont vite rendus compte qu’ils étaient également diffusés sur ces mêmes sites en achetant auprès des adnetworks à un coût bien inférieur. La position des adnetworks était ici sensible et la difficile notion de blind leur a permis de tenir cette position. Il leur a fallu réussir cet exercice difficile de vendre une campagne media sans pouvoir dire à ses clients où elles étaient diffusés. La logique de la performance, où l’objectif principal est le ROI et non le contexte, était la justification théorique.

En parallèle, l’inventaire était de plus en plus qualitatif et impactait de manière positive les performances des campagnes. A cela s’ajoutaient nombre d’innovations technologiques, les outils de diffusions des adnetworks sont allés bien plus loin dans les optimisations de campagnes que les adservers des régies premium qui se limitaient à diffuser simplement les bannières aux emplacements réservés. La pose de traceurs sur les sites des annonceurs a permis aux adnetworks d’optimiser la diffusion des campagnes en allant chercher les inventaires qui convertissaient. Dès lors, le marché a petit à petit intégré le fait que l’important n’était pas d’être affiché sur tel site premium, mais plutôt d’aller chercher l’inventaire où surfait l’audience intéressée par l’offre de l’annonceur. Cette première étape d’optimisation était déjà basée sur la data. Le fait de savoir que telle source de trafic convertit pour tel annonceur est une information précieuse dont les adnetworks ont su tirer partie.

Par la suite, Criteo est allé plus loin en retouchant les visiteurs des sites marchands n’ayant pas converti, encore une fois l’optimisation est basée sur une information. Cet utilisateur est venu et est reparti sans acheter, je vais donc le retoucher dans son surf, peu importe où. Ce petit rappel historique a pour objectif de rappeler que le changement de paradigme contexte / audience n’a pas commencé avec les adexchanges. On passe d’une logique verticale à une logique horizontale. Peu importe d’être diffusé de manière garantie sur tel site media car l’internaute qui m’intéresse peut être touché ailleurs, pendant sa consultation de mails, sa visite d’un forum. Bref, sur un site auquel je n’aurai pas pensé et qui coûte probablement bien moins cher ! Par ailleurs, les équipes marketing pensent connaître leur cible, bien souvent les régies constatent des résultats bien différents. La publicité a mieux réagi sur une cible qui n’était pas prévue dans le plan initial. Le comportement réel des internautes réserve parfois des surprises.

Les acteurs de la data

Les acteurs de la data

La prise de conscience

En plus de ce changement de paradigme, le marché s’est rendu compte que les données étaient une mine d’or. Les éditeurs se sont rendus compte qu’en plus de vendre leurs inventaires invendus aux adnetworks, ils leurs fournissaient des données permettant de cibler leur audience sur d’autres sites. Les données d’un site A permettaient de qualifier l’audience d’un site B. Or les adnetworks ne payaient que pour l’inventaire, pas pour les données. Le business model de ces adnetworks était donc éphémère, soit les éditeurs vont désormais vendre plus cher leur inventaire (inventaire + data) soit ils vont séparer la vente de leur inventaire d’un côté et la vente de leurs données de l’autre. Des acteurs spécialisés ont bien vu l’opportunité et ont monté des sociétés dédiées à l’achat et la vente de données : Bluekai, Datvantage, Exelate et Weborama (qui est à la base une régie et un outil d’analytics). Une consolidation a déjà eu lieu avec le rachat de Datvantage par Weborama en mai 2012. eXelate est l’acteur leader international, créé en 2007 et basé à New York, ils viennent de lever 12 millions de dollars. Petite subtilité à comprendre, ces acteurs sont des datas exchanges, c’est-à-dire que vous pouvez leur acheter de la donnée. Mais ils peuvent également fournir un outil permettant aux annonceurs ou aux éditeurs de gérer leur propre data, l’outil s’appelle un DMP (Data Management Platform). Adobe a racheté Demdex en 2011 afin de se doter d’un outil propre. Il existe également Core audience, Krux et Audience Science, entres autres. Un autre acteur français commence à faire parler de lui, il s’agit d’Ezakus, jeune start-up basée à Bordeaux. Elle a levé 2,2 millions d’euros en 2011 et a signé des partenariats importants notamment avec Audience Square, le grand concurrent de La Place Media, les deux private adexchanges premium français.  On parle également d’AMP, audience management platform. Le savoir faire d’Ezakus est dans la constitution de segments d’audience avec les données existantes de ses clients et non dans l’achat et la vente de cookies, qu’elle n’opère pas. A voir l’interview de son co-fondateur Christophe Camborde, accordée à Frenchweb en Avril 2013 :

Christophe Camborde, co-fondateur d’Ezakus par frenchweb

Mais d’abord, c’est quoi la data dans la publicité online?

  • First party : les données des éditeurs
  • Second party : les données venant des annonceurs
  • Third party : les données achetées auprès des agrégateurs de données et venant de multiples éditeurs

Par ailleurs, comme l’explique Christophe Cambord d’Ezakus, la donnée est de deux natures : qui est l’internaute, la nature de l’audience et ce qu’il fait, son comportement. La valeur de l’audience est difficilement reconnue. En théorie, la data devrait être le principal élément de prix et non l’occurrence de page du support, ce qui est une pilule difficile à avaler pour les éditeurs ou plutôt un changement de mentalité sur ce qu’ils vendent. Aujourd’hui les datas viennent enrichir les transactions de support digital, sorte de transition du monde du papier au monde virtuel. Pour l’instant, sur le media Internet, personne n’achète 100 000 femmes actives. 

Il faut aussi prendre conscience que la data a une DLC (date limite de consommation), selon les cycles d’achats la durée d’un cookie peut aller de 24 heures à plusieurs jours ou semaines. Tout comme une base mail, plus elle est vieille moins les données sont fiables. A ces données digitales il faut ajouter les données offline, eXelate par exemple distribue les données offline d’acteurs comme Axciom ou Nielsen qui viennent enrichir les campagnes online et inversement. Le rachat du pure player Directinet par le Suédois venant du offline WDM pour créer wdm.directinet a également de bons atouts pour enrichir les campagnes web. Par ailleurs, Facebook a annoncé qu’ils travaillaient à l’enrichissement du Facebook Adexchange avec Datalogix, une société qui récolte les données d’achats offline.

Que faire de ces toutes ces données?

La première utilisation des données, first ou third party est l’optimisation des campagnes en RTB sur les adexchanges. Pourtant, les données peuvent également être utilisées sur des campagnes réalisées auprès des adnetworks, des régies premium classiques et même sur le site de l’annonceur. La connaissance de l’audience qui arrive sur le site peut permettre d’affiner le contenu affiché selon le segment concerné. Par ailleurs, il semble évident que cela va impacter les créations publicitaires, on parle de DCO, Dynamic Creative Optimization. L’idée est d’adapter la créa en temps réel à l’internaute, un prospect ne doit pas être adressé de la même manière qu’un client ayant acheté au moins une fois ou qu’un client fidèle. Il s’agit alors de connecter les données CRM des annonceurs à leurs campagnes d’acquisitions online. Dès lors l’enjeu pour les marketeurs se situe également dans la sécurité et l’intégrité de leurs données, séparer les données clients des achats médias mais en s’assurant d’une interconnexion optimale. Ce point a été évoqué lors du dernier ATS Paris 2012.

eXelate a récemment publié une étude montrant qu’entre les différents types de données, ce sont les segments d’audience réalisés sur mesure qui étaient les plus performants. Il s’agit de créer des segments spécifiques à chaque annonceur à partir de ses données propriétaires, de données de campagnes précédentes et de données tierces. L’étude a porté sur 875 participants (50% d’agences, 15% de marketeurs et 31% de plateformes publicitaires, DSP, adnetworks…). Les trois types d’acteurs comptent augmenter leurs budgets d’achats de données, mais pour des raisons différentes : des raisons d’efficacité, stratégiques ou tactiques.

Omar Tawakol, CEO de Bluekai pense que les annonceurs orientés branding feront 50% du marché de la data pour améliorer l’engagement de leurs campagnes alors qu’aujourd’hui ce sont plutôt les annonceurs performances qui sont les premiers à s’y intéresser. Voici une interview réalisée par l’IAB :

Et vous, avez-vous testé les achats de données pour améliorer vos campagnes?

Quant à savoir comment les données seront utilisées dans le RTB mobile…c’est une autre histoire. Certains l’écrivent déjà, le DSP Strikead a annoncé le lancement de sa solution de retargeting avec une intégration de données tierces venant d’Admobius, PlaceIQ et BlueKai. Il est désormais possible de retoucher une personne ayant téléchargé une application mais sans avoir effectué d’achat…

Vincent Tessier

Comment distribuer une application mobile?

C’est la question que beaucoup de responsables marketing se posent : « comment trouver de nouveaux utilisateurs et si possible fidèles, pour mon application? » Il existe plusieurs méthodes de marketing mobile pour répondre à cette question que nous allons voir aujourd’hui. Pour rappel, j’avais listé pour vous les différents acteurs de la publicité mobile dans un précédent billet : régie premium, adnetworks, affiliation, les acteurs spécialisés et les adexchanges. Ce sont les techniques des acteurs spécialisés dans le téléchargement d’applis que je vous propose de détailler ici.

Les Booster de downloads ou apps discovery :

Vous avez sûrement entendu parler d’eux en tant que consommateurs, ce sont les applis de bon plans, Appsfire, apptap, et appgratuites pour citer les plus importantes.

appsfire - comment distribuer une application mobile

Appsfire est une start-up française, avec une équipe en Israel qui a fait le choix de l’international dès le début. L’application est d’abord sortie en anglais puis seulement dans un 2ème temps en français. Créée en 2010 par Ouriel Ohayon et Yann Lechelle avec comme investisseur Marc Simoncini, Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon, l’idée est d’aider les mobinautes à trouver les applications qui les intéressent. Une nouvelle version de l’application vient d’ailleurs juste de sortir ce mois-ci : plus rapide et plus simple. C’est une sorte de curation basée sur les algorithmes, le social et des critères de recherche plus fins que sur l’Apple store. Si on fait une analogie avec la recherche de sites, Google a réussi à résoudre le problème de la découverte de sites parmi l’océan de sites web disponibles avec un modèle de découverte basé sur les mot-clés. Appsfire souhaite apporter la même valeur ajoutée mais sur les applications. L’objectif est de réduire l’univers des possibles, de l’adapter au contexte de l’utilisateur. L’appli a du succès car a été positionnée dans le TOP 15 du classement gratuit dans l’Apple Store américain pendant longtemps. La partie sociale a été intégrée avec un top des applis plébiscitées sur Facebook et Twitter, la possibilité de partager sur les réseaux les applications installées…tout ce qui aide à la viralité. Le modèle économique est basé sur des formats publicitaires propres (bannières, interstitiel ou intégration d’applications). voici les différentes manières de découvrir une application :

  • Les applis qui ont baissé de prix
  • Applis par thématiques
  • Un scoring propriétaire notant les applications : le App score


Yann Lechelle, co-fondateur d’AppsFire par frenchweb

Appsgratuite a été fondée en 2010 par Simon Dwalat, il s’agit d’une plateforme de distribution d’applications, disponible sur iOS et Android. Cela a été la première à lancer le concept en France : offrir tous les jours une application habituellement payante. Beaucoup d’autres ont suivi et ont copié le concept par la suite mais Appsgratuite garde une longueur d’avance et reste leader. La start-up comporte une trentaine de personnes aujourd’hui. L’application a été téléchargée plus de 2,4 millions de fois en France et a été lancée en Espagne, au Brésil, en Allemagne, en Italie… La stratégie est d’être un média et de proposer des bons plans à ses utilisateurs un peu à la manière d’un Groupon qui propose les meilleurs deals du jour. Le lancement d’une application est événementialisé, mis en scène à la manière d’une sortie de film. La société éditrice de l’application édite également le site applicationiphone.com qui regroupe 350 000 VU / mois. En France, une OP de promotion d’une application se traduit par l’envoi d’1M de push notifications, vues sur environ 300 000 VU et aboutit à entre 100 à 150 000 téléchargements. Sur l’international , une OP peut engendrer plus de 350 000 téléchargements sur une seule journée…colossale ! 150 annonceurs ont déjà testé le modèle. Le modèle marche tellement bien que des grands groupes comme SFR ont  lancé leur copie : AppliScope. Plus dangereux peut-être, le site Vente privée vient de lancer un service identique, Vente Privée Apps. Pour rappel, le mobile pour Vente Privée, c’est déjà 25% des vente soit 400M€ en 2012.


Simon Dawlat, fondateur et CEO de AppGratuites par frenchweb

Un autre acteur français a une ambition internationale, il s’agit d’Appturbo fondé par Guillaume Szejnberg. Son application App Of The Day a été éditée dans pas moins de 16 pays à date. La version français et anglaise n’étant même pas encore disponibles, les version internationales ont été sa priorité.

Il faut bien avoir en tête que ces services sont à la merci d’un revirement d’Apple qui peut du jour au lendemain interdire ces services tiers. C’est ce que semble annoncer cet article de venturebeat du mois d’octobre en mentionnant Crosswalk, appGrooves, Hapoose, Hubble, Free App A Day et appgratis, la version internationale d’Appsgratuite justement. Apple avait racheté le service Chomp en début d’année mais semble progressivement le fermer. Les guidelines aux développeurs semblent annoncer que toute application vendant ou proposant des promotions sur d’autres applications est susceptible d’être rejeté. Pour l’instant, rien ne bouge mais tout est possible.

Papaya_TapjoyLa start-up Tapjoy propose un axe différent, il s’agit d’un réseau publicitaire mobile proposant un offer-wall au sein des applications. Un joueur en pleine partie souhaite acheter de la monnaie virtuelle et va pouvoir spontanément choisir parmi une sélection d’offres publicitaires. C’est un peu dans la lignée de ce que fait Beezik qui vous propose un mp3 légal et gratuit en échange du visionnage d’une publicité vidéo sur le web ou le mobile. Tapjoy a été créée en 2007 à San Fransisco, et est intégrée dans un grand nombre d’applications à succès américaines. Elle touche environ 110 millions d’utilisateurs par mois. La start-up  a été élue meilleur adnetwork mobile lors des Mobi Awards en septembre 2012 et dans le top 50 des entreprises les plus innovantes dans le monde. Côté annonceur, il est possible de payer au CPD (coût par download) mais sans garantie de volume étant donné que ce sont les utilisateurs qui vont choisir leur marque. Côté développeur, la proposition de valeur est triple : afficher des bannières publicitaires (le SDK de Tapjoy agrège une douzaine d’adnetworks mobile, remplit l’inventaire à 100% et permet les formats rich media), vendre de la monnaie virtuelle et générer des téléchargements d’applications. Sur la partie publicitaire, la solution agit un peu comme un SSP réalisant un yield management entre les différences sources de demandes. Si deux applications utilisant Tapjoy sont installées sur le même device, les datas sont mutualisées pour un meilleur ciblage. Tapjoy avance $0,25 pour une appli gratuite et un taux de conversion de 65% versus 2% pour une campagne de bannière traditionnelle.

Le service apptap, crée en 2008 aux Etats-Unis est originale en ce sens qu’il propose aux éditeurs de profiter de l’engouement autour des applications mobiles. Le service a levé 4 millions de dollars en Janvier 2012 et compte de grands groupes comme AOL, USA Today, l’opérateur Sprint et des sites spécialisés comme Cult of Mac, iphoneblogr… Le script installé scan les pages web des éditeurs partenaires et propose les applications les plus adaptées. Les développeurs paient pour être diffusés et apptap reverse une partie aux éditeurs web, un levier supplémentaire de monétisation pour eux.

Ad4Screen, l’agence de marketing mobile française créée par les anciens fondateurs de Directinet, propose plusieurs solutions. Premièrement, l’agence est éditrice d’une application qui s’appelle app4free et qui est un copycat d’appsgratuite. Deuxièmement, l’agence a mis en place un réseau d’affiliés qui ont installé un onglet dans leur propre appli « Apps du jour » permettant d’avoir plus de visibilité et de téléchargements.

Enfin, il ne faut pas oublier les relations presse on et offline.. C’est également un bon moyen d’obtenir des téléchargements naturels dans les stores d’applications. Envoyer votre communiqué de presse aux sites influents pour obtenir des tests et reviews spontanés n’est pas à négliger.

iphone allianceIl existe également plusieurs réseaux publicitaires regroupant les sites web spécialisés dans les applications. Sur iOS, il existe l’iPhone Alliance regroupant des sites US mais également européens, dont une liste des sites est disponible. Les tarfis sont en CPM et sont relativement chers.

Les test d’applications :

Une autre technique consiste à faire tester votre application. Pour ce faire les testeurs devront télécharger votre application ce qui peut faire boule de neige dans les stores. Par la suite le résultat de leurs tests vous permet d’une part d’avoir un feedback sur votre appli et d’autre part d’avoir par la suite des téléchargements naturels lissés dans le temps grâce à leurs recommandations. Les commentaires, notes données et le nombres d’étoiles deviennent importants dans le raking des stores d’applications. Une jeune société a très bien réussi sur ce créneau : Surikate. Créée en 2010, la société compte désormais 35 collaborateurs, a une expertise importante sur la plateforme Android et sort régulièrement des études intéressantes sur cet OS. Elle a su rassembler une communauté de 20 000 testeurs et de blogs spécialisés android sur le web, rémunérés pour donner leurs avis et tester les nouvelles applications. Si vous souhaitez vous aussi faire partie de cette communauté, ça se passe ici.  Plusieurs outils sont proposés : SK.Manage est un outil d’analytics permettant d’identifier les sources de trafic, de faire des push notifications et SK.reach est la régie qui permet de faire tester votre appli. 350 campagnes ont été lancées depuis la création.

Appvip : C’est l’autre solution de tests d’applications rémunérés. Pour le coup la start-up a même lancé une application permettant aux testeurs de suivre les appli à tester en cours. L’offre commerciale pour les annonceurs s’appelle advip.

 

Le display data-driven et centralisé :

fiksu logoJusqu’ici les campagnes display étaient considérées comme moins efficaces que les techniques citées plus haut. Or, c’est en train de changer et le display prend du muscle avec des sociétés comme Fiksu et Tradmob. Lancé en 2008 à Boston aux USA, Fiksu est le premier à s’être positionné sur ce créneau et a levé 10 millions de dollars cet été. D’abord éditeur d’une application appelée « Fluent News » puis d’une application de bons plans FreeMyApps. L’originalité de cette dernière offre est que plus l’utilisateur télécharge d’applications et plus il reçoit de points convertibles sur les plateformes Amazon, iTunes et Xbox. Mais l’offre principale aujourd’hui de Fiksu est une solution de promotion d’applications centralisée. Un des fondateurs ayant lancé précédemment un outil de SEM, l’analogie est assez bonne, Fiksu peut être perçu comme un outil d’achat centralisé, comme un DS3 ou un Marine software. Son ancienneté et le volume traité (marché US oblige), la société publie des rapports intéressants sur les stores d’applications et notamment un index suivant le nombre de téléchargements journaliers au sein de l’apple store sur le TOP 200 gratuit mais aussi le coût d’acquisition de clients fidèles (3 ouvertures).

fiksu for Mobile - smartphone, apps

Voici les avantages :

  • La centralisation des achats medias auprès des adnetworks du marché, des adexchanges ainsi que des solutions de téléchargements incentivés.
  • L’installation d’un seul SDK une fois pour toute, au lieu d’installer le SDK de chaque régie avec qui vous souhaitez travailler.
  • L’optimisation cross source de trafic, l’outil a une vision global des sources d’acquisitions et peut donc tirer des enseignements de chaque réseau, voir les dédupliquer.
  • Le tracking des actions post-download permet d’optimiser le budget dépensé en fonction de la qualité des téléchargements. L’objectif étant d’acquérir des utilisateurs fidèles qui vont effectivement utiliser l’application.

trademob logoTrademob est son concurrent européen, en l’occurrence Allemand. Lancée en 2010, la start-up compte déjà 70 personnes et a levé 15 millions de dollars en novembre 2012. Son positionnement est relativement identique que Fiksu. Selon Trademob, 40% des clics achetés par les annonceurs aujourd’hui seraient frauduleux. Je vous invite à lire le billet de Thierry Pires à ce sujet. Vrai ou faux, on pourrait discuter du pourcentage mais il est clair qu’une partie est probablement frauduleuse et que la centralisation des achats dotés d’un outil de tracking performant et dédié permettrait de réduire ce taux. Trademob propose un outil de tracking et d’analytics en complément de ses campagnes médias permettant de suivre la performance du budget dépensé. La société s’implante en France ce mois-ci donc vous devrier en entendre parler sur le marché prochainement.

Il existe bien sûr beaucoup d’autres solutions, les adnetworks comme Inmobi, Millenial, Airpush ou d’autres encore proposent des campagnes display ou  de push notifications pointant vers Apple store ou Google Play. Nous avons choisi de traiter ici les solutions plus spécialisées sur ce type d’objectif de campagne. Concernant le coût d’acquisition, les business modèles étant différents selon les acteurs, leur mode de facturation va du CPD, au CPC ou au CPM. Le coût de téléchargement d’un application varie donc beaucoup en fonction des taux de conversions constatés selon la typologie d’acteurs. La fourchette allant de 0,5 à 2€ par applications téléchargées.

Et vous, comment avez-vous articulé votre stratégie d’acquisition clients mobile?

Je vous invite également à télécharger ma thèse sur le marketing mobile : « La révolution mobile, vers le shopping 3.0?« 

Vincent Tessier

 

La publicité mobile en RTB et sur les adexchanges

Alors que le dernier rapport de Rubicon Project liste le TOP 10 des annonceurs en RTB sur le web (Zalando, Price Minister et La redoute en tête), nous allons nous intéresser au RTB sur le mobile. Pour rappel, le display en France est un marché d’environ 650M€ sur un total de la publicité digitale de 2,7 milliards d’euros pour 2012, selon l’estimation du SRI et de Capgemini. La part du display achetée en RTB sera d’environ 8% en 2012. Le display mobile sera d’environ 50 à 60 millions d’euros cette année et la part du RTB sera probablement très faible.

La croissance du RTB

L’IDC a publié récemment un rapport, sponsorisé par Pubmatic, estimant que le RTB au global passerait de $ 1,4 Md à $13,9 Mds en 2016, soit 20% du marché global. En France, on passerait sur la même période de 30 à $250M. La forte croissance du RTB sera portée par le levier des ventes indirectes (les inventaires non invendus), puis le mobile et la vidéo et enfin par l’inventaire direct et premium. Le point positif sur le mobile c’est que les éditeurs vendent peu en direct leur inventaire et que les dispositifs OP SPE ou premium sont relativement rares. Cela facilitera probablement le basculement au tout RTB. La bonne nouvelle de ce mode d’achat c’est qu’il a des effets positifs des deux côtés de la chaine, les éditeurs améliorent leur eCPM et les annonceurs, bien que payant parfois plus cher leur impression, constatent un meilleur ROI grâce à un meilleur CVR du fait de l’utilisation des datas et des optimisations en temps réel. L’autre bonne nouvelle c’est les économies de structures réalisées. Google vend déjà une bonne partie de son inventaire en RTB et fait 4 fois le CA par employé versus un Yahoo qui dispose d’une force de vente importante. La mauvaise nouvelle est la restructuration des équipes que cela implique en agence et en régie.

Investissement publicitaire display en RTB 2010 à 2016 - source IDC

Investissement publicitaire display en RTB 2010 à 2016 – source IDC

Le RTB sur mobile

Il y aurait déjà plus d’un milliard d’impressions disponibles sur l’adexchange de Google. Le marché se construit avec l’arrivée d’autres marketplaces mobile comme Mobfox, Nexage, Mopub et l’arrivée de DSP spécialisés comme Strikead. Pour avoir une vision exhaustive des acteurs de la publicité mobile, voir le panorama publié sur ce blog récemment. Selon l’IDC, les premiers investissements réellement RTB sur le mobile sont attendus en 2013, à hauteur d’environ $40M pour atteindre les 500M en 2016. Un levier important dans l’eco-système sera tout comme en web, la mise en place de private adexchanges. Samsung avait annoncé sa place de marché en avril dernier déjà, powerded par OpenX.

Investissement publicitaire mobile en RTB - 2012 à 2016 - source IDC

Investissement publicitaire mobile en RTB – 2012 à 2016 – source IDC

OpenX a récemment animé un webinar très intéressant sur sa vision du marché du RTB Mobile. OpenX est une entreprise technologique anglaise orientée publisher, SSP, Adserving et Yield management. La société a annoncé le lancement de l’adexchange privé de Samsung en Avril dernier, appelé le Samsung AdHub.

mobile adexchange ecosystem

 

Les eCPM mobile :

L’adexchange Mopub a publié une étude présentant les eCPM sur son réseau d’environ 20 milliards d’impressions par mois. A noter que Publicis et Orange viennent d’investir 12 millions de dollars dans la jeune start-up créée par d’anciens Google et Admob. Voici les enseignements de cette étude :

  • iOS propose de meilleur eCPM : $0,72 versus $0,43 pour Android
  • Android rattrape doucement ce gap avec une augmentation régulière de son eCPM
  • Les eCPM sur tablettes sont nettement supérieurs, frôlant le dollar sur l’iPad par exemple
  • Le rich media, avec le standard MRAID augmente les CPM de 25%, de 0,5 à $0,74 par exemple
  • La date et les ciblages sémantiques augmentent le CPM d’autant, de 0,57 à $0,79

 

Mopub - ecpm mobile 2012

Mopub – ecpm mobile 2012

Les 4 sujets qui freinent le RTB mobile :

  • Standardisation des formats publicitaires : un effort reste à faire malgré les standards publiés par la MMA et l’IAB.
  • Standardisation des données : plusieurs acteurs de l’industrie (Nexage, Pubmatic, Smaato, DataXu, Fiksu, Jumptap et X+1) ont formé le comité Mobile OpenRTB pour standardiser les API , la version 2.0 est disponible depuis janvier 2012.
  • Cookies : les navigateurs mobile n’acceptent pas les cookies par défaut, quant aux applications ce n’est tout simplement pas possible.
  • Temps de réponse : l’affichage d’une page et des publicités devrait se faire en moins de 30 ms, ce qui est encore difficile en 3G, la 4G devrait faciliter cela.

En résumé, nous pouvons dire que la publicité mobile décolle et n’échappera pas à la révolution du RTB. Par contre, un certain nombre d’obstacles reste encore à dépasser, l’horizon 3 à 4 ans semble raisonnable pour que ce marché deviennent mature.

Pour une vision plus globale du marché du mobile et de son impact sur les stratégies marketing, je vous invite à lire ma thèse sur le sujet « La révolution mobile, vers le shopping 3.0? ».

Vincent Tessier

 

Les magasins virtuels dans la vie réelle

Dans une étude récente, le cabinet IDC prédit que le showrooming va influencer plus d’1,7 milliard de dollars pour les fêtes de noël. En d’autres termes, beaucoup d’Américains, environ 48 millions, utiliseront leur smartphone en points de vente. Les produits high-tech sont les plus touchés ainsi que le textile. L’influence du surf sur leurs smartphones en points de vente semble avoir la même importance dans la décision d’achat que les informations trouvées online avant la visite en magasin. Le phénomène n’est pas encore généralisé mais la tendance est claire. Capgemini a également publié une étude cet été avançant que d’ici 2020, la plupart des magasins seront des showrooms pour sélectionner et commander des produits. Les enseignes doivent mettre en place dès à présent des dispositifs pour tirer profit de ce comportement. Plusieurs enseignes se sont lancées depuis le coup de com de Tesco en Corée qui a fait le tour du monde.

Carrefour :

Enfin, le géant et leader français Carrefour prend des risques et teste de nouveaux concepts. Pendant 3 semaines, un magasin virtuel de 300 références a été mis en place en Gare de Lyon Part-Dieu et Gare du Nord permettant aux passants de faire leurs courses en scannant des QR codes à l’aide de l’application pour smartphone « Mes courses Carrefour ». Le paiement se fait en CB au sein de l’appli. Il y a fort à parier qu’une telle OP va booster l’appli en terme de téléchargements sans compter qu’une offre promo incite à l’achat : 10€ offerts pour 60€ d’achat. Le directeur e-commerce Bruno Lebon parle de 200 000 téléchargements pour son application. La commande est livrée à domicile ou disponible au retrait dans un des 160 magasins drive. Les packaging sont en taille réelle comme dans un vrai linéaire.

Interview de Thierry Pélissier, Directeur Marketing de l’enseigne :

Les dessous de l’opération :

Casino :

Dans la foulée de l’opération à Lyon, c’est Casino qui a pris la suite dans le flux des passagers de la gare avec un mur de papier de photos de produits avec des QR codes. A Paris, l’opération sera dôtée d’un mur digital. C’est l’application mCasino qu’il fallait télécharger pour pouvoir faire ses courses. Pour le coup, l’enseigne a mis à disposition de ses clients 3 technologies : la lecteur des QR codes, le NFC et la reconnaissance d’images. « Nous faisons le pari de l’omnicanal avec notre application mobile NFC » avance le directeur marketing Thierry Aouizerate. C’est l’agence Think&Go qui a réalisé l’appli.

La vidéo de demo de l’appli montre bien les différentes fonctionnalités :

Intéressant de voir que pour cette demo c’est un blackberry qui a été choisi…étrange choix.

casino magasin virtuel

Bonobos :

Le site marchand Bonobos est l’un des plus grands spécialistes de vente de vêtements en ligne aux US. Ils ont lancé cette année plusieurs points de vente physiques appelés « Guideshops » où les clients peuvent bénéficier d’un rdv de 45mn avec un vendeur qui les conseillera sur leur style. Le CEO évoque le chiffre de 90% de taux de conversion entre les rdv pris et les prises de commandes derrière.

Tesco :

Après l’opération coréenne, l’enseigne a réitéré à Londres à l’aéroport de Gatwick avec une sélection de 80 produits. Il est clair que l’attente d’un avion est longue, si on peut mettre à profit ce temps pour faire ses courses et en plus les trouver à son appartement à son arrivée…le service ne peut rencontrer qu’un succès grandissant.

Homes-up

Ce site de décoration de luxe s’est doté d’un point de vente physique avec l’objectif affiché de montrer les produits, du showrooming assumé en somme. Le projet fait partie du groupe Adeo, dont fait partie Leroy Merlin. Le fondateur Damien Boisel a baptisé ce concept de magasin de webfront. La boutique est sur Huaihai Lu à Shangai, elle est un relai physique pour les clients. Ils peuvent venir passer un moment, discuter, surfer sur le site internet de la marque à partir d’iPads disposés sur une table, scanner les QR codes des produits exposés pour les commander. La livraison se fait immédiatement au domicile du client, fini les sacs shopping.

Le concept de webfront de Homes-up

Pour plus de précisions sur la stratégie de homes-up, voici l’interview de Alexandre d’Antuono à l’atelier numérique de BFM Business :

[ca_audio url= »http://vincenttessier.fr/wp-content/uploads/2012/11/20121112_atelier-BFM-homes-up.mp3″ width= »500″ height= »27″ css_class= »codeart-google-mp3-player »]

Comme expliqué dans l’interview, le magasin est vraiment pensé comme une extension du site web, l’objectif est de rassurer les clients, montrer les produits, les accompagner. La relation physique est centrée sur la marque et l’expérience, laissant de côté la relation transactionelle.

http://www.homes-up.com

L’étude IDC citée plus haut met en lumière les points clés que les clients attendent :

  • Offrir un site web optimisé pour le mobile
  • Favoriser une offre commune entre magasin physique et online
  • Permettre la comparaison des prix avec des QR Codes

Le géant Best Buy a déjà été cité pour ses différentes initatives sur twitter ou pour avoir tenter des synergies off et online. Les récentes prises de paroles du CEO évoquent la multiplication de plus petits points de vente et une réduction globale des mètres carrés…avec en parallèle une croissance des ventes online. La tendance est claire, les bricks and mortar lancent des boutiques virtuelles, les pure player cherchent à s’ancrer dans le réel en abordant le point de vente de manière originale et innovante. La révolution du point de vente est bel et bien en marche.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire ma thèse « La révolution mobile, vers le shopping 3.0? »

Vincent Tessier