Oui à la data, mais laquelle?

Le display est en pleine mutation, passant d’une logique de contexte à une logique d’audience. Les éditeurs prennent conscience de la valeur de leurs données utilisateurs et les agences de leur côté nourrissent de grands espoirs quant aux performances de campagnes de leurs annonceurs en les exploitant. Quelles sont les différents types de données? Lesquelles marchent réellement?

Un changement de paradigme

Audience buying, data, adexchangeTout a commencé avec les adnetworks. Ils ont commencé à agréger de l’inventaire en masse auprès de petits sites sans régies puis au fur et à mesure auprès de sites medias premium qui ne vendaient pas tout leur inventaire. Le marché a ainsi trouvé un équilibre fragile. Les annonceurs avaient accès à l’inventaire prémium auprès des régies à prix fort et en même temps se sont vite rendus compte qu’ils étaient également diffusés sur ces mêmes sites en achetant auprès des adnetworks à un coût bien inférieur. La position des adnetworks était ici sensible et la difficile notion de blind leur a permis de tenir cette position. Il leur a fallu réussir cet exercice difficile de vendre une campagne media sans pouvoir dire à ses clients où elles étaient diffusés. La logique de la performance, où l’objectif principal est le ROI et non le contexte, était la justification théorique.

En parallèle, l’inventaire était de plus en plus qualitatif et impactait de manière positive les performances des campagnes. A cela s’ajoutaient nombre d’innovations technologiques, les outils de diffusions des adnetworks sont allés bien plus loin dans les optimisations de campagnes que les adservers des régies premium qui se limitaient à diffuser simplement les bannières aux emplacements réservés. La pose de traceurs sur les sites des annonceurs a permis aux adnetworks d’optimiser la diffusion des campagnes en allant chercher les inventaires qui convertissaient. Dès lors, le marché a petit à petit intégré le fait que l’important n’était pas d’être affiché sur tel site premium, mais plutôt d’aller chercher l’inventaire où surfait l’audience intéressée par l’offre de l’annonceur. Cette première étape d’optimisation était déjà basée sur la data. Le fait de savoir que telle source de trafic convertit pour tel annonceur est une information précieuse dont les adnetworks ont su tirer partie.

Par la suite, Criteo est allé plus loin en retouchant les visiteurs des sites marchands n’ayant pas converti, encore une fois l’optimisation est basée sur une information. Cet utilisateur est venu et est reparti sans acheter, je vais donc le retoucher dans son surf, peu importe où. Ce petit rappel historique a pour objectif de rappeler que le changement de paradigme contexte / audience n’a pas commencé avec les adexchanges. On passe d’une logique verticale à une logique horizontale. Peu importe d’être diffusé de manière garantie sur tel site media car l’internaute qui m’intéresse peut être touché ailleurs, pendant sa consultation de mails, sa visite d’un forum. Bref, sur un site auquel je n’aurai pas pensé et qui coûte probablement bien moins cher ! Par ailleurs, les équipes marketing pensent connaître leur cible, bien souvent les régies constatent des résultats bien différents. La publicité a mieux réagi sur une cible qui n’était pas prévue dans le plan initial. Le comportement réel des internautes réserve parfois des surprises.

Les acteurs de la data

Les acteurs de la data

La prise de conscience

En plus de ce changement de paradigme, le marché s’est rendu compte que les données étaient une mine d’or. Les éditeurs se sont rendus compte qu’en plus de vendre leurs inventaires invendus aux adnetworks, ils leurs fournissaient des données permettant de cibler leur audience sur d’autres sites. Les données d’un site A permettaient de qualifier l’audience d’un site B. Or les adnetworks ne payaient que pour l’inventaire, pas pour les données. Le business model de ces adnetworks était donc éphémère, soit les éditeurs vont désormais vendre plus cher leur inventaire (inventaire + data) soit ils vont séparer la vente de leur inventaire d’un côté et la vente de leurs données de l’autre. Des acteurs spécialisés ont bien vu l’opportunité et ont monté des sociétés dédiées à l’achat et la vente de données : Bluekai, Datvantage, Exelate et Weborama (qui est à la base une régie et un outil d’analytics). Une consolidation a déjà eu lieu avec le rachat de Datvantage par Weborama en mai 2012. eXelate est l’acteur leader international, créé en 2007 et basé à New York, ils viennent de lever 12 millions de dollars. Petite subtilité à comprendre, ces acteurs sont des datas exchanges, c’est-à-dire que vous pouvez leur acheter de la donnée. Mais ils peuvent également fournir un outil permettant aux annonceurs ou aux éditeurs de gérer leur propre data, l’outil s’appelle un DMP (Data Management Platform). Adobe a racheté Demdex en 2011 afin de se doter d’un outil propre. Il existe également Core audience, Krux et Audience Science, entres autres. Un autre acteur français commence à faire parler de lui, il s’agit d’Ezakus, jeune start-up basée à Bordeaux. Elle a levé 2,2 millions d’euros en 2011 et a signé des partenariats importants notamment avec Audience Square, le grand concurrent de La Place Media, les deux private adexchanges premium français.  On parle également d’AMP, audience management platform. Le savoir faire d’Ezakus est dans la constitution de segments d’audience avec les données existantes de ses clients et non dans l’achat et la vente de cookies, qu’elle n’opère pas. A voir l’interview de son co-fondateur Christophe Camborde, accordée à Frenchweb en Avril 2013 :

Christophe Camborde, co-fondateur d’Ezakus par frenchweb

Mais d’abord, c’est quoi la data dans la publicité online?

  • First party : les données des éditeurs
  • Second party : les données venant des annonceurs
  • Third party : les données achetées auprès des agrégateurs de données et venant de multiples éditeurs

Par ailleurs, comme l’explique Christophe Cambord d’Ezakus, la donnée est de deux natures : qui est l’internaute, la nature de l’audience et ce qu’il fait, son comportement. La valeur de l’audience est difficilement reconnue. En théorie, la data devrait être le principal élément de prix et non l’occurrence de page du support, ce qui est une pilule difficile à avaler pour les éditeurs ou plutôt un changement de mentalité sur ce qu’ils vendent. Aujourd’hui les datas viennent enrichir les transactions de support digital, sorte de transition du monde du papier au monde virtuel. Pour l’instant, sur le media Internet, personne n’achète 100 000 femmes actives. 

Il faut aussi prendre conscience que la data a une DLC (date limite de consommation), selon les cycles d’achats la durée d’un cookie peut aller de 24 heures à plusieurs jours ou semaines. Tout comme une base mail, plus elle est vieille moins les données sont fiables. A ces données digitales il faut ajouter les données offline, eXelate par exemple distribue les données offline d’acteurs comme Axciom ou Nielsen qui viennent enrichir les campagnes online et inversement. Le rachat du pure player Directinet par le Suédois venant du offline WDM pour créer wdm.directinet a également de bons atouts pour enrichir les campagnes web. Par ailleurs, Facebook a annoncé qu’ils travaillaient à l’enrichissement du Facebook Adexchange avec Datalogix, une société qui récolte les données d’achats offline.

Que faire de ces toutes ces données?

La première utilisation des données, first ou third party est l’optimisation des campagnes en RTB sur les adexchanges. Pourtant, les données peuvent également être utilisées sur des campagnes réalisées auprès des adnetworks, des régies premium classiques et même sur le site de l’annonceur. La connaissance de l’audience qui arrive sur le site peut permettre d’affiner le contenu affiché selon le segment concerné. Par ailleurs, il semble évident que cela va impacter les créations publicitaires, on parle de DCO, Dynamic Creative Optimization. L’idée est d’adapter la créa en temps réel à l’internaute, un prospect ne doit pas être adressé de la même manière qu’un client ayant acheté au moins une fois ou qu’un client fidèle. Il s’agit alors de connecter les données CRM des annonceurs à leurs campagnes d’acquisitions online. Dès lors l’enjeu pour les marketeurs se situe également dans la sécurité et l’intégrité de leurs données, séparer les données clients des achats médias mais en s’assurant d’une interconnexion optimale. Ce point a été évoqué lors du dernier ATS Paris 2012.

eXelate a récemment publié une étude montrant qu’entre les différents types de données, ce sont les segments d’audience réalisés sur mesure qui étaient les plus performants. Il s’agit de créer des segments spécifiques à chaque annonceur à partir de ses données propriétaires, de données de campagnes précédentes et de données tierces. L’étude a porté sur 875 participants (50% d’agences, 15% de marketeurs et 31% de plateformes publicitaires, DSP, adnetworks…). Les trois types d’acteurs comptent augmenter leurs budgets d’achats de données, mais pour des raisons différentes : des raisons d’efficacité, stratégiques ou tactiques.

Omar Tawakol, CEO de Bluekai pense que les annonceurs orientés branding feront 50% du marché de la data pour améliorer l’engagement de leurs campagnes alors qu’aujourd’hui ce sont plutôt les annonceurs performances qui sont les premiers à s’y intéresser. Voici une interview réalisée par l’IAB :

Et vous, avez-vous testé les achats de données pour améliorer vos campagnes?

Quant à savoir comment les données seront utilisées dans le RTB mobile…c’est une autre histoire. Certains l’écrivent déjà, le DSP Strikead a annoncé le lancement de sa solution de retargeting avec une intégration de données tierces venant d’Admobius, PlaceIQ et BlueKai. Il est désormais possible de retoucher une personne ayant téléchargé une application mais sans avoir effectué d’achat…

Vincent Tessier

Comment distribuer une application mobile?

C’est la question que beaucoup de responsables marketing se posent : « comment trouver de nouveaux utilisateurs et si possible fidèles, pour mon application? » Il existe plusieurs méthodes de marketing mobile pour répondre à cette question que nous allons voir aujourd’hui. Pour rappel, j’avais listé pour vous les différents acteurs de la publicité mobile dans un précédent billet : régie premium, adnetworks, affiliation, les acteurs spécialisés et les adexchanges. Ce sont les techniques des acteurs spécialisés dans le téléchargement d’applis que je vous propose de détailler ici.

Les Booster de downloads ou apps discovery :

Vous avez sûrement entendu parler d’eux en tant que consommateurs, ce sont les applis de bon plans, Appsfire, apptap, et appgratuites pour citer les plus importantes.

appsfire - comment distribuer une application mobile

Appsfire est une start-up française, avec une équipe en Israel qui a fait le choix de l’international dès le début. L’application est d’abord sortie en anglais puis seulement dans un 2ème temps en français. Créée en 2010 par Ouriel Ohayon et Yann Lechelle avec comme investisseur Marc Simoncini, Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon, l’idée est d’aider les mobinautes à trouver les applications qui les intéressent. Une nouvelle version de l’application vient d’ailleurs juste de sortir ce mois-ci : plus rapide et plus simple. C’est une sorte de curation basée sur les algorithmes, le social et des critères de recherche plus fins que sur l’Apple store. Si on fait une analogie avec la recherche de sites, Google a réussi à résoudre le problème de la découverte de sites parmi l’océan de sites web disponibles avec un modèle de découverte basé sur les mot-clés. Appsfire souhaite apporter la même valeur ajoutée mais sur les applications. L’objectif est de réduire l’univers des possibles, de l’adapter au contexte de l’utilisateur. L’appli a du succès car a été positionnée dans le TOP 15 du classement gratuit dans l’Apple Store américain pendant longtemps. La partie sociale a été intégrée avec un top des applis plébiscitées sur Facebook et Twitter, la possibilité de partager sur les réseaux les applications installées…tout ce qui aide à la viralité. Le modèle économique est basé sur des formats publicitaires propres (bannières, interstitiel ou intégration d’applications). voici les différentes manières de découvrir une application :

  • Les applis qui ont baissé de prix
  • Applis par thématiques
  • Un scoring propriétaire notant les applications : le App score


Yann Lechelle, co-fondateur d’AppsFire par frenchweb

Appsgratuite a été fondée en 2010 par Simon Dwalat, il s’agit d’une plateforme de distribution d’applications, disponible sur iOS et Android. Cela a été la première à lancer le concept en France : offrir tous les jours une application habituellement payante. Beaucoup d’autres ont suivi et ont copié le concept par la suite mais Appsgratuite garde une longueur d’avance et reste leader. La start-up comporte une trentaine de personnes aujourd’hui. L’application a été téléchargée plus de 2,4 millions de fois en France et a été lancée en Espagne, au Brésil, en Allemagne, en Italie… La stratégie est d’être un média et de proposer des bons plans à ses utilisateurs un peu à la manière d’un Groupon qui propose les meilleurs deals du jour. Le lancement d’une application est événementialisé, mis en scène à la manière d’une sortie de film. La société éditrice de l’application édite également le site applicationiphone.com qui regroupe 350 000 VU / mois. En France, une OP de promotion d’une application se traduit par l’envoi d’1M de push notifications, vues sur environ 300 000 VU et aboutit à entre 100 à 150 000 téléchargements. Sur l’international , une OP peut engendrer plus de 350 000 téléchargements sur une seule journée…colossale ! 150 annonceurs ont déjà testé le modèle. Le modèle marche tellement bien que des grands groupes comme SFR ont  lancé leur copie : AppliScope. Plus dangereux peut-être, le site Vente privée vient de lancer un service identique, Vente Privée Apps. Pour rappel, le mobile pour Vente Privée, c’est déjà 25% des vente soit 400M€ en 2012.


Simon Dawlat, fondateur et CEO de AppGratuites par frenchweb

Un autre acteur français a une ambition internationale, il s’agit d’Appturbo fondé par Guillaume Szejnberg. Son application App Of The Day a été éditée dans pas moins de 16 pays à date. La version français et anglaise n’étant même pas encore disponibles, les version internationales ont été sa priorité.

Il faut bien avoir en tête que ces services sont à la merci d’un revirement d’Apple qui peut du jour au lendemain interdire ces services tiers. C’est ce que semble annoncer cet article de venturebeat du mois d’octobre en mentionnant Crosswalk, appGrooves, Hapoose, Hubble, Free App A Day et appgratis, la version internationale d’Appsgratuite justement. Apple avait racheté le service Chomp en début d’année mais semble progressivement le fermer. Les guidelines aux développeurs semblent annoncer que toute application vendant ou proposant des promotions sur d’autres applications est susceptible d’être rejeté. Pour l’instant, rien ne bouge mais tout est possible.

Papaya_TapjoyLa start-up Tapjoy propose un axe différent, il s’agit d’un réseau publicitaire mobile proposant un offer-wall au sein des applications. Un joueur en pleine partie souhaite acheter de la monnaie virtuelle et va pouvoir spontanément choisir parmi une sélection d’offres publicitaires. C’est un peu dans la lignée de ce que fait Beezik qui vous propose un mp3 légal et gratuit en échange du visionnage d’une publicité vidéo sur le web ou le mobile. Tapjoy a été créée en 2007 à San Fransisco, et est intégrée dans un grand nombre d’applications à succès américaines. Elle touche environ 110 millions d’utilisateurs par mois. La start-up  a été élue meilleur adnetwork mobile lors des Mobi Awards en septembre 2012 et dans le top 50 des entreprises les plus innovantes dans le monde. Côté annonceur, il est possible de payer au CPD (coût par download) mais sans garantie de volume étant donné que ce sont les utilisateurs qui vont choisir leur marque. Côté développeur, la proposition de valeur est triple : afficher des bannières publicitaires (le SDK de Tapjoy agrège une douzaine d’adnetworks mobile, remplit l’inventaire à 100% et permet les formats rich media), vendre de la monnaie virtuelle et générer des téléchargements d’applications. Sur la partie publicitaire, la solution agit un peu comme un SSP réalisant un yield management entre les différences sources de demandes. Si deux applications utilisant Tapjoy sont installées sur le même device, les datas sont mutualisées pour un meilleur ciblage. Tapjoy avance $0,25 pour une appli gratuite et un taux de conversion de 65% versus 2% pour une campagne de bannière traditionnelle.

Le service apptap, crée en 2008 aux Etats-Unis est originale en ce sens qu’il propose aux éditeurs de profiter de l’engouement autour des applications mobiles. Le service a levé 4 millions de dollars en Janvier 2012 et compte de grands groupes comme AOL, USA Today, l’opérateur Sprint et des sites spécialisés comme Cult of Mac, iphoneblogr… Le script installé scan les pages web des éditeurs partenaires et propose les applications les plus adaptées. Les développeurs paient pour être diffusés et apptap reverse une partie aux éditeurs web, un levier supplémentaire de monétisation pour eux.

Ad4Screen, l’agence de marketing mobile française créée par les anciens fondateurs de Directinet, propose plusieurs solutions. Premièrement, l’agence est éditrice d’une application qui s’appelle app4free et qui est un copycat d’appsgratuite. Deuxièmement, l’agence a mis en place un réseau d’affiliés qui ont installé un onglet dans leur propre appli « Apps du jour » permettant d’avoir plus de visibilité et de téléchargements.

Enfin, il ne faut pas oublier les relations presse on et offline.. C’est également un bon moyen d’obtenir des téléchargements naturels dans les stores d’applications. Envoyer votre communiqué de presse aux sites influents pour obtenir des tests et reviews spontanés n’est pas à négliger.

iphone allianceIl existe également plusieurs réseaux publicitaires regroupant les sites web spécialisés dans les applications. Sur iOS, il existe l’iPhone Alliance regroupant des sites US mais également européens, dont une liste des sites est disponible. Les tarfis sont en CPM et sont relativement chers.

Les test d’applications :

Une autre technique consiste à faire tester votre application. Pour ce faire les testeurs devront télécharger votre application ce qui peut faire boule de neige dans les stores. Par la suite le résultat de leurs tests vous permet d’une part d’avoir un feedback sur votre appli et d’autre part d’avoir par la suite des téléchargements naturels lissés dans le temps grâce à leurs recommandations. Les commentaires, notes données et le nombres d’étoiles deviennent importants dans le raking des stores d’applications. Une jeune société a très bien réussi sur ce créneau : Surikate. Créée en 2010, la société compte désormais 35 collaborateurs, a une expertise importante sur la plateforme Android et sort régulièrement des études intéressantes sur cet OS. Elle a su rassembler une communauté de 20 000 testeurs et de blogs spécialisés android sur le web, rémunérés pour donner leurs avis et tester les nouvelles applications. Si vous souhaitez vous aussi faire partie de cette communauté, ça se passe ici.  Plusieurs outils sont proposés : SK.Manage est un outil d’analytics permettant d’identifier les sources de trafic, de faire des push notifications et SK.reach est la régie qui permet de faire tester votre appli. 350 campagnes ont été lancées depuis la création.

Appvip : C’est l’autre solution de tests d’applications rémunérés. Pour le coup la start-up a même lancé une application permettant aux testeurs de suivre les appli à tester en cours. L’offre commerciale pour les annonceurs s’appelle advip.

 

Le display data-driven et centralisé :

fiksu logoJusqu’ici les campagnes display étaient considérées comme moins efficaces que les techniques citées plus haut. Or, c’est en train de changer et le display prend du muscle avec des sociétés comme Fiksu et Tradmob. Lancé en 2008 à Boston aux USA, Fiksu est le premier à s’être positionné sur ce créneau et a levé 10 millions de dollars cet été. D’abord éditeur d’une application appelée « Fluent News » puis d’une application de bons plans FreeMyApps. L’originalité de cette dernière offre est que plus l’utilisateur télécharge d’applications et plus il reçoit de points convertibles sur les plateformes Amazon, iTunes et Xbox. Mais l’offre principale aujourd’hui de Fiksu est une solution de promotion d’applications centralisée. Un des fondateurs ayant lancé précédemment un outil de SEM, l’analogie est assez bonne, Fiksu peut être perçu comme un outil d’achat centralisé, comme un DS3 ou un Marine software. Son ancienneté et le volume traité (marché US oblige), la société publie des rapports intéressants sur les stores d’applications et notamment un index suivant le nombre de téléchargements journaliers au sein de l’apple store sur le TOP 200 gratuit mais aussi le coût d’acquisition de clients fidèles (3 ouvertures).

fiksu for Mobile - smartphone, apps

Voici les avantages :

  • La centralisation des achats medias auprès des adnetworks du marché, des adexchanges ainsi que des solutions de téléchargements incentivés.
  • L’installation d’un seul SDK une fois pour toute, au lieu d’installer le SDK de chaque régie avec qui vous souhaitez travailler.
  • L’optimisation cross source de trafic, l’outil a une vision global des sources d’acquisitions et peut donc tirer des enseignements de chaque réseau, voir les dédupliquer.
  • Le tracking des actions post-download permet d’optimiser le budget dépensé en fonction de la qualité des téléchargements. L’objectif étant d’acquérir des utilisateurs fidèles qui vont effectivement utiliser l’application.

trademob logoTrademob est son concurrent européen, en l’occurrence Allemand. Lancée en 2010, la start-up compte déjà 70 personnes et a levé 15 millions de dollars en novembre 2012. Son positionnement est relativement identique que Fiksu. Selon Trademob, 40% des clics achetés par les annonceurs aujourd’hui seraient frauduleux. Je vous invite à lire le billet de Thierry Pires à ce sujet. Vrai ou faux, on pourrait discuter du pourcentage mais il est clair qu’une partie est probablement frauduleuse et que la centralisation des achats dotés d’un outil de tracking performant et dédié permettrait de réduire ce taux. Trademob propose un outil de tracking et d’analytics en complément de ses campagnes médias permettant de suivre la performance du budget dépensé. La société s’implante en France ce mois-ci donc vous devrier en entendre parler sur le marché prochainement.

Il existe bien sûr beaucoup d’autres solutions, les adnetworks comme Inmobi, Millenial, Airpush ou d’autres encore proposent des campagnes display ou  de push notifications pointant vers Apple store ou Google Play. Nous avons choisi de traiter ici les solutions plus spécialisées sur ce type d’objectif de campagne. Concernant le coût d’acquisition, les business modèles étant différents selon les acteurs, leur mode de facturation va du CPD, au CPC ou au CPM. Le coût de téléchargement d’un application varie donc beaucoup en fonction des taux de conversions constatés selon la typologie d’acteurs. La fourchette allant de 0,5 à 2€ par applications téléchargées.

Et vous, comment avez-vous articulé votre stratégie d’acquisition clients mobile?

Je vous invite également à télécharger ma thèse sur le marketing mobile : « La révolution mobile, vers le shopping 3.0?« 

Vincent Tessier

 

La publicité mobile en RTB et sur les adexchanges

Alors que le dernier rapport de Rubicon Project liste le TOP 10 des annonceurs en RTB sur le web (Zalando, Price Minister et La redoute en tête), nous allons nous intéresser au RTB sur le mobile. Pour rappel, le display en France est un marché d’environ 650M€ sur un total de la publicité digitale de 2,7 milliards d’euros pour 2012, selon l’estimation du SRI et de Capgemini. La part du display achetée en RTB sera d’environ 8% en 2012. Le display mobile sera d’environ 50 à 60 millions d’euros cette année et la part du RTB sera probablement très faible.

La croissance du RTB

L’IDC a publié récemment un rapport, sponsorisé par Pubmatic, estimant que le RTB au global passerait de $ 1,4 Md à $13,9 Mds en 2016, soit 20% du marché global. En France, on passerait sur la même période de 30 à $250M. La forte croissance du RTB sera portée par le levier des ventes indirectes (les inventaires non invendus), puis le mobile et la vidéo et enfin par l’inventaire direct et premium. Le point positif sur le mobile c’est que les éditeurs vendent peu en direct leur inventaire et que les dispositifs OP SPE ou premium sont relativement rares. Cela facilitera probablement le basculement au tout RTB. La bonne nouvelle de ce mode d’achat c’est qu’il a des effets positifs des deux côtés de la chaine, les éditeurs améliorent leur eCPM et les annonceurs, bien que payant parfois plus cher leur impression, constatent un meilleur ROI grâce à un meilleur CVR du fait de l’utilisation des datas et des optimisations en temps réel. L’autre bonne nouvelle c’est les économies de structures réalisées. Google vend déjà une bonne partie de son inventaire en RTB et fait 4 fois le CA par employé versus un Yahoo qui dispose d’une force de vente importante. La mauvaise nouvelle est la restructuration des équipes que cela implique en agence et en régie.

Investissement publicitaire display en RTB 2010 à 2016 - source IDC

Investissement publicitaire display en RTB 2010 à 2016 – source IDC

Le RTB sur mobile

Il y aurait déjà plus d’un milliard d’impressions disponibles sur l’adexchange de Google. Le marché se construit avec l’arrivée d’autres marketplaces mobile comme Mobfox, Nexage, Mopub et l’arrivée de DSP spécialisés comme Strikead. Pour avoir une vision exhaustive des acteurs de la publicité mobile, voir le panorama publié sur ce blog récemment. Selon l’IDC, les premiers investissements réellement RTB sur le mobile sont attendus en 2013, à hauteur d’environ $40M pour atteindre les 500M en 2016. Un levier important dans l’eco-système sera tout comme en web, la mise en place de private adexchanges. Samsung avait annoncé sa place de marché en avril dernier déjà, powerded par OpenX.

Investissement publicitaire mobile en RTB - 2012 à 2016 - source IDC

Investissement publicitaire mobile en RTB – 2012 à 2016 – source IDC

OpenX a récemment animé un webinar très intéressant sur sa vision du marché du RTB Mobile. OpenX est une entreprise technologique anglaise orientée publisher, SSP, Adserving et Yield management. La société a annoncé le lancement de l’adexchange privé de Samsung en Avril dernier, appelé le Samsung AdHub.

mobile adexchange ecosystem

 

Les eCPM mobile :

L’adexchange Mopub a publié une étude présentant les eCPM sur son réseau d’environ 20 milliards d’impressions par mois. A noter que Publicis et Orange viennent d’investir 12 millions de dollars dans la jeune start-up créée par d’anciens Google et Admob. Voici les enseignements de cette étude :

  • iOS propose de meilleur eCPM : $0,72 versus $0,43 pour Android
  • Android rattrape doucement ce gap avec une augmentation régulière de son eCPM
  • Les eCPM sur tablettes sont nettement supérieurs, frôlant le dollar sur l’iPad par exemple
  • Le rich media, avec le standard MRAID augmente les CPM de 25%, de 0,5 à $0,74 par exemple
  • La date et les ciblages sémantiques augmentent le CPM d’autant, de 0,57 à $0,79

 

Mopub - ecpm mobile 2012

Mopub – ecpm mobile 2012

Les 4 sujets qui freinent le RTB mobile :

  • Standardisation des formats publicitaires : un effort reste à faire malgré les standards publiés par la MMA et l’IAB.
  • Standardisation des données : plusieurs acteurs de l’industrie (Nexage, Pubmatic, Smaato, DataXu, Fiksu, Jumptap et X+1) ont formé le comité Mobile OpenRTB pour standardiser les API , la version 2.0 est disponible depuis janvier 2012.
  • Cookies : les navigateurs mobile n’acceptent pas les cookies par défaut, quant aux applications ce n’est tout simplement pas possible.
  • Temps de réponse : l’affichage d’une page et des publicités devrait se faire en moins de 30 ms, ce qui est encore difficile en 3G, la 4G devrait faciliter cela.

En résumé, nous pouvons dire que la publicité mobile décolle et n’échappera pas à la révolution du RTB. Par contre, un certain nombre d’obstacles reste encore à dépasser, l’horizon 3 à 4 ans semble raisonnable pour que ce marché deviennent mature.

Pour une vision plus globale du marché du mobile et de son impact sur les stratégies marketing, je vous invite à lire ma thèse sur le sujet « La révolution mobile, vers le shopping 3.0? ».

Vincent Tessier

 

Les magasins virtuels dans la vie réelle

Dans une étude récente, le cabinet IDC prédit que le showrooming va influencer plus d’1,7 milliard de dollars pour les fêtes de noël. En d’autres termes, beaucoup d’Américains, environ 48 millions, utiliseront leur smartphone en points de vente. Les produits high-tech sont les plus touchés ainsi que le textile. L’influence du surf sur leurs smartphones en points de vente semble avoir la même importance dans la décision d’achat que les informations trouvées online avant la visite en magasin. Le phénomène n’est pas encore généralisé mais la tendance est claire. Capgemini a également publié une étude cet été avançant que d’ici 2020, la plupart des magasins seront des showrooms pour sélectionner et commander des produits. Les enseignes doivent mettre en place dès à présent des dispositifs pour tirer profit de ce comportement. Plusieurs enseignes se sont lancées depuis le coup de com de Tesco en Corée qui a fait le tour du monde.

Carrefour :

Enfin, le géant et leader français Carrefour prend des risques et teste de nouveaux concepts. Pendant 3 semaines, un magasin virtuel de 300 références a été mis en place en Gare de Lyon Part-Dieu et Gare du Nord permettant aux passants de faire leurs courses en scannant des QR codes à l’aide de l’application pour smartphone « Mes courses Carrefour ». Le paiement se fait en CB au sein de l’appli. Il y a fort à parier qu’une telle OP va booster l’appli en terme de téléchargements sans compter qu’une offre promo incite à l’achat : 10€ offerts pour 60€ d’achat. Le directeur e-commerce Bruno Lebon parle de 200 000 téléchargements pour son application. La commande est livrée à domicile ou disponible au retrait dans un des 160 magasins drive. Les packaging sont en taille réelle comme dans un vrai linéaire.

Interview de Thierry Pélissier, Directeur Marketing de l’enseigne :

Les dessous de l’opération :

Casino :

Dans la foulée de l’opération à Lyon, c’est Casino qui a pris la suite dans le flux des passagers de la gare avec un mur de papier de photos de produits avec des QR codes. A Paris, l’opération sera dôtée d’un mur digital. C’est l’application mCasino qu’il fallait télécharger pour pouvoir faire ses courses. Pour le coup, l’enseigne a mis à disposition de ses clients 3 technologies : la lecteur des QR codes, le NFC et la reconnaissance d’images. « Nous faisons le pari de l’omnicanal avec notre application mobile NFC » avance le directeur marketing Thierry Aouizerate. C’est l’agence Think&Go qui a réalisé l’appli.

La vidéo de demo de l’appli montre bien les différentes fonctionnalités :

Intéressant de voir que pour cette demo c’est un blackberry qui a été choisi…étrange choix.

casino magasin virtuel

Bonobos :

Le site marchand Bonobos est l’un des plus grands spécialistes de vente de vêtements en ligne aux US. Ils ont lancé cette année plusieurs points de vente physiques appelés « Guideshops » où les clients peuvent bénéficier d’un rdv de 45mn avec un vendeur qui les conseillera sur leur style. Le CEO évoque le chiffre de 90% de taux de conversion entre les rdv pris et les prises de commandes derrière.

Tesco :

Après l’opération coréenne, l’enseigne a réitéré à Londres à l’aéroport de Gatwick avec une sélection de 80 produits. Il est clair que l’attente d’un avion est longue, si on peut mettre à profit ce temps pour faire ses courses et en plus les trouver à son appartement à son arrivée…le service ne peut rencontrer qu’un succès grandissant.

Homes-up

Ce site de décoration de luxe s’est doté d’un point de vente physique avec l’objectif affiché de montrer les produits, du showrooming assumé en somme. Le projet fait partie du groupe Adeo, dont fait partie Leroy Merlin. Le fondateur Damien Boisel a baptisé ce concept de magasin de webfront. La boutique est sur Huaihai Lu à Shangai, elle est un relai physique pour les clients. Ils peuvent venir passer un moment, discuter, surfer sur le site internet de la marque à partir d’iPads disposés sur une table, scanner les QR codes des produits exposés pour les commander. La livraison se fait immédiatement au domicile du client, fini les sacs shopping.

Le concept de webfront de Homes-up

Pour plus de précisions sur la stratégie de homes-up, voici l’interview de Alexandre d’Antuono à l’atelier numérique de BFM Business :

[ca_audio url= »http://vincenttessier.fr/wp-content/uploads/2012/11/20121112_atelier-BFM-homes-up.mp3″ width= »500″ height= »27″ css_class= »codeart-google-mp3-player »]

Comme expliqué dans l’interview, le magasin est vraiment pensé comme une extension du site web, l’objectif est de rassurer les clients, montrer les produits, les accompagner. La relation physique est centrée sur la marque et l’expérience, laissant de côté la relation transactionelle.

http://www.homes-up.com

L’étude IDC citée plus haut met en lumière les points clés que les clients attendent :

  • Offrir un site web optimisé pour le mobile
  • Favoriser une offre commune entre magasin physique et online
  • Permettre la comparaison des prix avec des QR Codes

Le géant Best Buy a déjà été cité pour ses différentes initatives sur twitter ou pour avoir tenter des synergies off et online. Les récentes prises de paroles du CEO évoquent la multiplication de plus petits points de vente et une réduction globale des mètres carrés…avec en parallèle une croissance des ventes online. La tendance est claire, les bricks and mortar lancent des boutiques virtuelles, les pure player cherchent à s’ancrer dans le réel en abordant le point de vente de manière originale et innovante. La révolution du point de vente est bel et bien en marche.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire ma thèse « La révolution mobile, vers le shopping 3.0? »

Vincent Tessier

 

ATS Paris, l’évènement display de l’année 2012

Le 24 octobre a eu lieu la 2ème édition d‘ATS Paris, organisée par l’excellent exchangewire. L’événement a réuni les acteurs les plus importants du nouvel éco-système des adexchanges en cours de révolutionner le media display. Il faut savoir que cette nouvelle méthode d’achat et de vente d’inventaire publicitaire digital représente déjà 10 à 15% des dépenses display au UK et environ 9% en France.industry automatisation - vincent tessier

Le CEO de Weborama, Alain Levy a mis en avant la forte valeur ajoutée qu’apportait une bonne utilisation des données dans les campagnes RTB. Tout en soulignant que le rôle des adnetworks ne s’arrêtait pas avec la croissance des adexchanges. L’utilisation des données est scindée en deux, les données first party (data de l’annonceur) pour les campagnes de fidélisation et les données third party (issues de l’adexchange ou d’autres sites) pour le recrutement de nouveaux clients. Le cofondateur de Mediamath, un DSP de renom, a expliqué que cet apport de nouvelles technologies ne changeait pas fondamentalement la manière de faire de la publicité. Pour autant, cette révolution perturbe les organisations, Cyril Zimmerman, CEO d’Hi-Media dit qu’ils sont passés d’une société de commerciaux à une société de technologies avec plus de 100 ingénieurs.

Le 2ème panel a évoqué la question du branding. En effet, tout comme les adnetworks il y a 5 ans, les acteurs des adexchanges veulent séduire les annonceurs et les budgets branding. La vidéo a été mentionnée notamment par les sociétés spécialisées présentes Videology et SpotXchange. Vivaki évoque le chiffre de 30% le volume des campagnes display aujourd’hui traitées en RTB et 1/3 de ces campagnes sont à la performance, 1/3 de la vidéo et 1/3 du branding.

Coté publisher, Julien Gardes de Rubicon Project estime que seulement 10% des publishers absorbent plus de 70% du budget dépensé en RTB, un chiffre impressionnant. A ce propos, un éditeur comme eBay lance ses propres private adexchanges. Rubicon propose à ses clients éditeurs la gestion de leur inventaire mobile en RTB dès janvier 2013, suite au rachat de Mobsmith en mai dernier.

Orange a annoncé le lancement de son adexchange d’ici la fin de l’année, avec la technologie d’Appnexus (7 milliards d’impressions…)

Je ne résiste pas à vous proposer également l’interviews de Neal Mohan réalisées à l’ATS London :

Je retiens de cette interview que les éditeurs vont pouvoir acheter à leur tour sur les adexchanges via DFP pour compléter leur inventaire. Les SSP vont donc intégrer des fonctionnalités habituellement dédiées aux DSP…amazing ! Si après cela, vous n’êtes pas perdu avec ces acronymes que vous commenciez à peine à maîtriser, chapeau. Si vous aviez raté le lancement de Google Bid Manager, la nouvelle plateforme unifiée côté achats (DSP), je vous invite à relire l‘annonce faite sur le blog officiel. L’unification des achats consécutifs (invite, wildfire, terracent…) prend enfin forme et les termers adserver et la marque DFA passe en retrait pour laisser le mot bid et RTB prendre la place. Neal évoque le besoin de centralisation du display garantie, en RTB, mobile et social dans le même outil de tracking et de management. Par ailleurs, la nouvelle plateforme semble plus flexible permettant d’utiliser une des briques de la chaîne (reach media ou comportemental) avec un autre fournisseur.

 Et l’interview de Franck Addante, CEO de The Rubicon Project :

Frank donne ici une très bonne vision du RTB et surtout le démystifie en montrant que l’automatisation d’une industrie n’est pas nouvelle, il y a des précédents : le voyage, la finance, la distribution…RTB n’est qu’un protocole, tout comme HTML, un langage commun. Le display a besoin de l’automatisation car il y a trop d’étapes manuelles dans le process d’achat aujourd’hui. L’inventaire display est clairement une longue tail, le top publisher ne permet pas d’atteindre un reach satisfaisant. Concernant les acronymes, il les rassemble sous le mot « automatisation » et insiste sur le fait qu’il fait mettre 100% de l’inventaire sur ce modèle. Le parallèle avec l’apparition de l’ordinateur où les employés ont été dans un premier temps effrayés que l’ordinateur ne prenne leur job. Les private marketplaces ne vont pas remplacer les directeurs de clientèle. Il s’agit de mettre la technologie au service de la transaction et non de faire barrière entre l’acheteur et le vendeur. Il pointe à ce propos le besoin d’un ID de transaction unique sur toute la chaîne de valeur.

Voici la liste des intervenants de cette année :

  • Erich Wasserman – Co Founder & GM, EMEA, MediaMath
  • Vincent Karachira – Founder & CEO, Next Performance
  • Fabien Magalon – Managing Director, La Place Media
  • Nerissa MacDonald – Director of Trading EMEA, MediaMind
  • Shane Shevlin – Director of Business Development EMEA, IPONWEB
  • Sylvain Deffay – Country Manager, France, Infectious Media
  • Julien Gardes – Country Manager, France, Rubicon Project
  • Brian Fitzpatrick – Managing Director, Europe, Adapt TV
  • Andrew Moore – Managing Director, SpotXchange Europe
  • Jean-Claude Muratore – Sales Director for France, Italy and Iberia, Turn
  • Gregoire Peiron – Head of Media Buying Solutions – France, Google
  • Sebastien Robin – COO AFFIPERF, HAVAS Global Trading Desk
  • Mike Nolet – CTO & Co-Founder, AppNexus
  • Grégory Gazagne – Managing Director France, Southern Europe & Latam, Criteo
  • Anne de Kerckhove – Managing Director, France and Southern Europe, Videology
  • Tim Geenen – VP Business Solutions, Improve Digital
  • Eric Boquet – Co-Founder, ONESIXTY2
  • Thierry Prignaud – Head of Orange Ad Market, Orange France
  • Erwan Le Page – Independent consultant
  • Laurent Duverney-Guichard – VP Product Marketing, Gamned
  • Jean-Baptiste Rouet – Managing Director, Head of Vivaki Nerve Center
  • Pierre-Anthony Dugor – Director of Advertising, Caradisiac

J’espère que cet article vous aura donné quelques clés pour mieux appréhender le nouvel éco-système des adexchanges.

Bonnes campagnes !

Vincent Tessier

Les acteurs de la publicité mobile

mobile advertising vincent tessier regie mobileL’écosystème publicitaire mobile s’est longtemps limité aux régies des 3 opérateurs historiques et quelques acteurs indépendants. Depuis 2 à 3 ans, on assiste à une déferlante de start-up se positionnant sur la plublicité mobile et il devient difficile de comprendre qui fait quoi. A cela s’ajoute la révolution des adexchange sur le display web et qui arrive quasiment en même temps sur le mobile. Tout cela ne facilite pas la vie des marketeurs et des agences lors de l’élaboration de leurs plans média. Nous allons tenter ici de faire le tri et de recenser les acteurs importants de ce marché.

Le mobile est en pleine effervescence à la fois en terme d’usage consommateurs mais également marketing. Ce nouvel eldorado est par conséquent l’objet de toutes les convoitises. Les fonds d’investissements sont à la recherche des leaders de demain afin de pouvoir y investir aujourd’hui. Les entrepreneurs veulent prendre cette nouvelle vague suffisamment en amont pour surfer sur la vague le plus longtemps possible avant un rachat. On pourrait parler d’une bulle ou au moins d’une forte tendance. Le marché américain était de 1,2 milliard de dollars en 2011 et il devrait atteindre les 3,2 milliards cette année. Le SoLoMo d’il y a 2 ans semble clairement mettre l’accent sur le Mo. Selon moi, on est d’abord passé par la vague sociale, nous sommes actuellement sur celle du mobile et le local viendra après. Pour illustrer ce propos, il suffit de regarder cette vision du  marché mobile (source : Luma Partners). J’espère que ce billet vous permettra d’y voir plus clair !

Mobile-Lumascape-small - acteurs publicité mobile - vincent tessier

Panorama des acteurs du mobile

1/ Régie Premium :

Ce sont généralement les plus anciennes comme MBrand3 créée par des anciens de Nokia Interactive et qui s’est rapprochée en 2011 de Mobile Network Groupe. La régie commercialise l’inventaire de belles marques comme Allociné, NetcoSport, Liligo, Voyagessncf.com, Les Echos, Marie Claire, Fnac.com..et touche environ 13 millions de mobinautes. Il faut également évoquer EGS Media, créée en 2004 qui a été rachetée depuis par la régie locale Com>Quotidiens. Parmi les régies premium importantes du marché français se démarque Mobiladdict, rachetée récemment par l’Allemand Yoc. La régie touche 5,7 millions de mobinautes et représente l’inventaire d’M6, NRJ, 20mn, Météo France, Doctissimo, VDM…La régie Digital Advert quant à elle touche 6,8M de VU et commercialise les espaces de Sud ouest, SPIR, Skyrock, L’Equipe, Le Parisien entre autre. Enfin, Mobvalue créée plus récemment, représente les applications de TF1, NextradioTV, Auféminin, 01Net, Boursorama, Mobiles Republic…

2/ Les adnetworks :

Les réseaux publicitaires représentent la deuxième catégorie d’acteurs de la publicité mobile et non des moindres. Il s’agit de régies non exclusives avec leurs éditeurs, généralement orientées performance et ont une forte valeur ajoutée technologique. Comme sur le web, le plus grand réseau publicitaire sur le mobile est détenu par Google. Il faut savoir que Google représente 62% des investissements sur le mobile, SEM et display (source:  businessinsider.com). La stratégie mobile de Google s’est faite initialement par croissance externe avec le rachat en 2009 d’Admob pour 750 millions de dollars. Début 2012, Google a opéré une intégration à marche forcée de son réseau de développeurs mobile sur sa plateforme Adwords. Le géant est suivi de près sur le mobile par deux pure players, l’indien Inmobi et l’américain Millennial Media. Le premier est en très forte croissance après avoir effectué une des plus grosses levées de fonds du secteur (200 millions de dollars) et a des positions solides en Asie, en Europe du nord et du sud, ainsi qu’au moyen orient. La régie possède son siège européen à Londres mais a une présence en France, voir l’interview d’Alice Henry sa Directrice commerciale. Millennial Media a fait une entrée en bourse remarquée en mars et s’est implanté en France en mai 2012 (800 millions d’impressions par mois), Benoit Lelarge en est le directeur commercial. Au niveau mondial, nous devons citer iAD la régie d’apple qui bien qu’ayant du mal à s’imposer sur le marché se positionne dans le peloton de tête.

regie pub mobile adnetworks vincent tessier

Derrière ces géants se positionnent un certain nombre d’acteurs :

  • France : Kwanko (Swelen + Netaffiliation), Misterbell, m-perf (Mobile Network Group)
  • Europe : Madvertise, Admoda, Adfonic, Yoc, OutThereMedia (Mobucks), Mobfox
  • Israel : Matomy, Taptica
  • US : Mojiva, Greystripe, Jumptap, Admobius, Tapad, Drawbridge
  • Asie : Buzzcity

3/ L’affiliation mobile

Il faut bien dire que l’affiliation sur le mobile n’est pas ce qui a connu le plus grand succès. Il y a assez peu d’acteurs proposant un modèle au CPA que cela soit sur des sites mobile marchands ou des applications avec de l’in-app paiement. Certes, vous pouvez trouver des acteurs vous facturant au CPD (coût par download de votre application) mais il s’agit plutôt d’un lead. Un mobinaute télécharge votre application, mais le travail ne s’arrête pas la et il faut convertir ce prospect en client et en chiffre d’affaires. L’affiliation doit aller au delà du téléchargement de l’application, il s’agit de générer des ventes ! Parmi les acteurs ayant clairement pris un positionnement d’affiliation, il faut saluer la start-up française MobPartner à portée internationale. Fondée par Vianney Settini en 2007, la plateforme touche aujourd’hui 150 000 publishers sur 150 pays. Wister se positionne depuis 2003, issue du monde du WAP et de l’adulte, la plateforme s’est ouverte depuis à tous type d’annonceurs. Sponsormob a été fondée en 2006 par des Allemands avec l’ambition de d’être un pure player mobile de la performance. Enfin, les plateformes web intègrent également le mobile, lentement mais sûrement : Tradedoubler, Zanox et Netaffiliation étant les plus avancées sur le sujet.

L’affiliation a du mal à décoller pour plusieurs raisons :

    • Les développeurs d’applications ne veulent pas céder au CPA. La plupart des régies proposent du CPM ou du CPC. Accepter le CPA pour un éditeur premium parait comme une capitulation, ils retardent l’échéance au maximum (il n’y a qu’à observer les eCPM des éditeurs web…).
    • Tracking : sujet douloureux pour beaucoup d’agences ou annonceurs, l’attribution des ventes ou des downloads à telle ou telle régies n’est pas aisée compte tenu des barrières technologiques (UDID, Cookies, coupure de réseau, lancement tardif de l’appli téléchargée…).
    • Enfin, beaucoup d’annonceurs ne sont pas encore prêts en termes de dispositif mobile (sites marchands optimisés)

Panorama des acteurs de la pub mobile par typologie :

 

4/ Les acteurs spécialisées dans les applications :

Je les considère comme étant à part car soit ils répondent à un besoin précis soit utilisent un levier spécifique comme les push notifications. Les acteurs comme Appgratuites, Surikate, Appsfire  par exemple sont clairement positionnés sur le boost de votre appli dans les stores à partir de leur base d’utilisateurs. La mécanique est désormais bien connue, soit votre appli habituellement payante est proposée gratuitement à leur base de mobinaute, généralement par push notification, soit il s’agit de faire tester votre appli par une base de testeurs professionnels ou amateurs. On ne peut pas rémunérer un individu pour qu’il télécharge l’appli, mais pour qu’il fasse un test oui. Or pour faire le test, il faut qu’il télécharge l’appli…malin.

regies mobile specialisées - vincent tessier

Fiksu et Tradmob sont quant à eux dédiés au téléchargement d’applications à partir de bannières sur les réseaux publicitaires. Ils centralisent et achètent sur tous les adnetworks du marché, ajoutent des optimisations de ciblage grâce à leur technologie propriétaire ou données utilisateurs afin de générer du téléchargement d’applications de la part d’utilisateurs fidèles.

Il y a des acteurs spécialisées dans le push notification géolocalisée, c’est le cas de la régie française Admoove, de Placecast, fondée par une Française mais basée à San Fransisco et de xAd. Il faut bien avouer que c’est le graal du marketeur que de pousser une offre ciblée à son client dans une zone de périmètre définie en fonction de son réseau de point de vente. A noter que Placecast le propose en push notification (50% de vos clients) mais aussi en SMS (100% de vos clients) ! La société Thinknear vient d’être rachetée par le fournisseur de GPS Telenav pour former Scout Advertising, une régie spécialisée dans le ciblage situationnel, display

Certains acteurs sont spécialisés dans l’in-game advertising. Tapjoy a un positionnement original car spécialisée dans la monnaie virtuelle in-game. C’est à dire que les joueurs se voient proposer des offres commerciales au sein-même d’une appli de jeux sous forme de murs d’offres (offerwall), de bannières ou de vidéos. Selon comScore, sur les 36 millions de joueurs mobile en Europe, 15% effectuent des achats in-app de biens virtuels. Des acteurs comme Kiip et Tap.me ont pour ambitions de redorer le blason de la publicité en snobant la traditionnelle bannière qui interrompt l’utilisateur ou l’offer wall qui oblige l’utilisateur à faire une action pour avancer dans son jeu. Ici la marque intervient pour récompenser le joueur à la fin d’un niveau par exemple et pas sous forme de bannières.

Enfin, Facebook vient de dévoiler son offre mobile après les doutes émis par les analystes sur sa capacité à monétiser son audience mobile. Des observateurs ont évoqué une erreur stratégique de Facebook depuis le début à savoir de se baser sur ce que ses utilisateurs disent aimer (le LIKE) plutôt que sur leur comportement (Criteo…). L’autre point étant que Facebook aurait dû créer depuis longtemps un adnetwork composé de publishers tiers plutôt que d’espérer son audience sur son propre site (les tests sur mobile en cours…source : facebook). Ces deux critiques sont à la base de la nouvelle offre publicitaire de Facebook. L’entreprise va utiliser ses données utilisateurs pour les retoucher sur d’autres applications au travers d’achats sur les adnetworks ou adexchanges (source : Techcrunch). Il s’agit pour l’instant de bannières renvoyant vers les stores d’applications diffusées sur des applications, mais il n’y a pas de raison que cela ne se déploie pas au-delà. Chacun de ces acteurs a ses spécificités dans une stratégie de distribution d’application.

 5/ Les adexchanges et le RTB mobile :

La révolution du display actuellement en cours sur le web est déjà présente sur le mobile.
Avant toute chose, petit rappel de ce que sont et apportent les adexchanges avec cette excellente vidéo réalisée par l’IAB :


L’évolution des modes d’achat du display par iabfrancetv

Les outils côté éditeurs : Il existe une poignée d’acteurs dans le monde qui se positionne à la manière de SSP, citons Mopub, Moblicx, Smaato et le français Swelen (qui vient de créer Kwanko avec Netaffiliation).

adexchange moble rtb

Les plateformes dédiées aux annonceurs : Les DSP web commencent à être des noms connus comme Invite, Turn ou bien Mediamath. Ceux du mobile le sont moins comme StrikeAd qui se positionne depuis 2010 en tant que DSP 100% mobile. Le 2ème acteur à surveiller de près est Tapad, fondé en 2010 à NY et avec une liste d’investisseurs à faire frémir tout entrepreneur (les fondateurs ou CEO d’Appnexus, Open X, Tacoda, Quigo, 24/7, Admob, Doubleclick…). Non seulement la start-up a l’ambition de faire du RTB et du retargeting sur le mobile mais de créer une plateforme cross-device : PC, mobile et tablette. Enfin, nous pouvons citer GradientX qui est conçu par des anciens de Rubicon, OpenX et Adconion.

Data : D’anciens de Quattro, régie qui a donné naissance lors de son rachat par Apple à iAd, ont lancé cette année AdMobius. Il s’agit d’un « Audience Management Platform », en fait un acteur de la data qui a pour objectif d’aider les éditeurs et les annonceurs à mieux cibler les mobinautes. Se positionne également sur la reconnaissance des utilisateurs mais plutôt côté device, Adtruth. Une technologie créée par la société 41stparameter spécialisée dans la fraude et la sécurité (voir interview sur adexchanger.com pour plus de détails). Le concurrent Bluecava se propose également reconnaître les devices, la différence entre les deux solutions la plus visible est que Bluecava est en SaaS alors qu’Adtruth s’installe en local. Bluecava a tout de même Joe Sullivan, Chief Security Officer chez Facebook et Ellen Moskowitz, VP of fraud management solutions chez Mastercard.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire mon billet dédiée au RTB et aux adexchanges mobile et à la data dans les campagnes de publicité online.

6/ Analytics :

Toutes ces régies ont beau travailler dur pour développer leurs réseau et leur technologie, impossible de mesurer les résultats sans un outil d’analytics adaptés. Google a intégré depuis environ un an une partie mobile à son outil mais il existe des solutions plus spécifiquement adaptées aux applications. La plus connue et répandue dans le monde est Flurry dont la solution est gratuite et qui publie régulièrement d’intéressantes statistiques sur le marché. Son challenger s’appelle Kontagent. Xtify se positionne avec une offre tournée CRM et fidélisation avec leurs outils de push notification. Enfin, la france a son champion avec Capptain qui a levé 1,2 million de dollars en avril dernier pour se développer à l’international et a d’ailleurs noué un partenarait serré avec Surikate.

Au fait une dernière chose, pour savoir quelles régies utilisent les appli installées sur votre téléphone, il existe des applis de scan comme Airpush detector, Addons Detector et Lookout push ad detector.

Quelques ressources :

J’espère que ces informations vous aideront dans vos plans médias mobiles !

Vous pouvez également lire ma thèse sur le marketing mobile, disponible en téléchargement.

Vincent

Skimm, l’appli qui simplifie le paiement mobile

skimm_logoLe m-commerce, ce n’est pas que l’apple store ou l’appli d’eBay, de Monoprix ou bien de la Fnac. Il s’agit aussi de payer dans la vraie vie, l’IRL, le offline, vous l’appelez comme vous voulez. C’est le pari d’une jeune start-up française, Skimm. Si vous avez lu ma thèse sur le marketing mobile, vous les connaissez déjà, sinon, ce billet est l’occasion pour vous de les découvrir. Fondée par trois jeunes à peine sortis d’école (HEC, Science Po et ENSIIE), Skimm s’est rapidement développée depuis son lancement il y a un an et demi à peine. Après avoir été au sein de la pépinière Le Camping by Silicon Sentier, une première levée de fonds de 300 000€ début 2012, l’équipe sort ces jours-ci la V2 de leur application iPhone, l’occasion idéale d’interviewer Antoine Sakho, un des trois fondateurs.

 Skimm, c’est quoi?

Skimm est une application pour smartphone permettant de payer en magasin physique, sur un site internet mais aussi de se transférer de l’argent entre amis. « L’idée est de simplifier la manière dont on règle nos achats. Il suffit de scanner avec son téléphone le QR code que votre commerçant vous présente, rentrer votre code pin Skimm créé à l’installation de l’application et le paiement s’effectue automatiquement par carte bleue via vos coordonnées bancaires. Il n’y a pas de somme minimum pour payer avec Skimm et c’est totalement gratuit pour les utilisateurs ».  Rien de mieux qu’une vidéo pour illustrer cela :

Votre mobile remplace ainsi votre portefeuille, plus besoin de pièce de monnaie, ni d’avoir votre carte bleue sur vous. Skimm n’a pas accès aux coordonnées bancaires de ses utilisateurs, c’est son partenaire financier Leetchi / Payline / Crédit Mutuel qui réalise les transactions financières. Mais par contre c’est bien Skimm qui apparaît sur votre relevé de compte bancaire. Il faut cependant savoir que le montant minimum débité est de 10€ même si l’on peut régler un montant inférieur lors de son premier achat.

Nouvelle application

La V2 pour iOS sort ces jours-ci, quelles sont les principales évolutions? « Nous avons à la fois ajouté des fonctionnalités et soigné notre design. Un didactitiel en 3 slides est désormais proposé à la première ouverture. La connexion au démarrage avec la carte bancaire a été facilité grâce à la technologie OCR (optical camera registration). L’application va automatiquement reconnaître les chiffres de votre carte bleue en la survolant, il reste plus qu’à entrer la date d’expiration et le code de sécurité. Par ailleurs, les utilisateurs peuvent désormais géolocaliser les commerçants acceptant Skimm autour d’eux. Nous intégrons désormais des offres et bons plans, ainsi les skimmeurs sont récompensés et incités à visiter nos marchands partenaires et à utiliser le service. Côté design, chaque écran de l’application a été entièrement repensé, afin qu’ils apparaissent plus épurés, et plus simples. Même chose avec le scan, plus rapidement accessible et dont le visuel a été retravaillé« . Je confirme que lors du test effectué pendant l’interview, le design m’est apparu plus soigné et agréable. Mais rien de mieux qu’un visuel :

skimm-menu-de-la-V2

Côté marchand, le commerçant peut procéder au paiement via Skimm sur un ordinateur fixe ou portable via un navigateur internet ou sur un smartphone/iPod toch/iPad via une application dédiée. L’inscription à Skimm PRO se fait en quelques clics et les avantages sont nombreux :

  • Pas de minimum  de facturation pour leurs clients, contrairement à la CB
  • Une commission inférieure à celle prélevée par les loueurs de terminaux et pas de frais fixes mensuels
  • Un back-office avec le récapitulatif des paiements effectués, export excel, reversement par virement automatique
  • La possibilité de créer du trafic avec des opérations de promotions relayées à la communauté des skimmeurs
  • Du matériel promo (stickers à poser sur une vitrine) est fourni
  • Vérification en temps réel du solde du client sur son compte bancaire

La valeur ajoutée du service aux marchands est forte, il permet d’adresser une cible jeune en attente de ce type de mode de paiement mais aussi de créer du trafic additionnel. « Notre cœur de cible est constitué de 18-25 ans, principalement les étudiants. On est très bien reçu par les associations d’étudiants dans les universités et les écoles et l’adoption est immédiate. Les jeunes comprennent très bien l’intérêt du service et l’utilisent pour leurs achats quotidiens. Nous avons aujourd’hui une trentaine de marchands partenaires dont Subway et Lina’s, que nous avons recruté autours des universités et à des points centraux de Paris (La défense, Saint Michel…) afin de permettre aux 3 500 porteurs de l’application de l’utiliser« .

J’ai moi-même lors de cette interview pu tester le service dans un restaurant près des locaux de Skimm où nous avons déjeuné, très simple et fluide, j’ai réglé mon repas en scannant le QR que la caissière m’a présenté sur son iPhone et le tour était joué !

 Interface Skimm Pro version iPad pour les marchands :

skimm-pro

Les ambitions et la concurrence :

Antoine évoque les objectifs que lui et les deux autres fondateurs de la start-up se sont fixés avec assurance. « Nous avons réalisé 130K€ de transactions entre février et mai et tablons sur un rythme de 150K€ par mois d’ici la fin de l’année. Nous devrions atteindre ce niveau sans trop de difficultés, il suffit pour cela d’atteindre 200 commerçants et 15 à 20 000 utilisateurs de l’application. Dès 2013, nous comptons nous développer dans les villes étudiantes de province ce qui va accélérer le volume de transactions ». L’ambition aujourd’hui est d’intégrer le moyen de paiement au sein des logiciels de caisse historiques afin d’atteindre rapidement un volume de point de vente important. « Ce marché est plutôt opaque et il s’agit de gros acteurs avec des roadmaps techniques de plusieurs années. Sans compter que certains acteurs peuvent avoir l’ambition de développer ce service en interne. Mais les discussions avancent et nous devrions signer avec certains d’entre eux. » La concurrence est importante face aux géants comme Google ou Facebook qui nourrissent de grandes ambitions sur le portefeuille mobile, sans compter les acteurs comme Level-up, Square, iZettle ou Paypal. « Nous pensons vraiment avoir une valeur ajoutée, premièrement nous ne sommes pas dépendants du hardware. Entièrement basé sur un service logiciel, nous fonctionnons sur n’importe quel interface et n’avons pas besoins d’équiper les commerçants d’un appareil supplémentaire. Deuxièmement, nous avons déposé deux brevets dès le début de notre activité protégeant notre savoir faire technique. Enfin, notre agilité en tant que start-up nous permet de prendre de vitesse ce genre d’acteurs et de continuer à innover.

Gageons que Skimm a encore plein d’autres projets de développement dans ses cartons. Surtout que ce secteur est en pleine ébullition et quasiment tout reste à inventer. Walmart par exemple est en train de tester le scan des produits eux-mêmes par iPhone. Jean-Michel Billaut, intervenant illustre et VIP du MBA a récemment interviewé Valentin Lautier, ça se passe bien sûr au Billaut show. Alors si cela vous a donné envie d’adopter Skimm, il vous suffit de télécharger l’application sur Itunes ou sur Google Play.

Souhaitons bonne continuation à toute l’équipe de Skimm qui est en bonne voie pour devenir une success story !

@skimmfr

Vincent Tessier

Le store locator, pierre angulaire du multicanal

Raphael Ducottet Directeur commercial de Leadformance

Raphael Ducottet Directeur commercial de Leadformance

Il est apparu un nouveau vocable depuis quelques années : ROPO, Online2store, Web2Shop, Drive2Store, Omnicanal et j’en passe. Il y a une start-up française qui a su prendre cette tendance de fond c’est l’éditeur de logiciel Leadformance. J’ai eu l’occasion de rencontrer Raphaël Ducottet, Directeur Commercial de cette jeune start-up basée à Chambéry mais avec des bureaux commerciaux à Paris. L’entreprise a d’ailleurs été lauréate de l’Award ecommerce 2010, catégorie innovation. Son point de vue  sur la transformation du point de vente est précieux car il est confronté depuis 3 ans à des centaines de directeurs d’enseignes, à des secteurs des plus variés et a pu voir les effets concrets du Web2Shop.

Le digital n’a pas encore fait disparaitre les points de vente

Le mobile va révolutionner l’expérience d’achat offline, c’est le sujet de ma thèse professionnelle sur le shopping 3.0 réalisée en avril dernier, que je vous invite à télécharger. Le constat que le mobile va devenir le centre de la relation client est partagé par de nombreux observateurs. Extension de l’internet fixe dans la poche des consommateurs, le mobile constitue un formidable outil de prospection, de création de trafic et de CRM. « En parallèle, les enseignes redécouvrent qu’elles ont des points de ventes. C’est ce que nous avons tous constaté avec les opérateurs télécoms qui face à l’arrivée d’un nouvel entrant sans charge de distribution physique, FREE, se sont mis à communiquer massivement sur la proximité client par leur réseau d’agences », nous explique Raphaël Ducottet.

Or, il est devenu courant d’entendre parler de showrooming pour évoquer le phénomène d’un consommateur qui vient voir et prendre en main un produit, s’informer auprès d’un vendeur qualifié et ensuite finalise son achat online. « Même si les enseignes ont  redoublé d’efforts depuis quelques années pour améliorer leur position sur le canal web, leur site marchand n’est pas encore leur activité principale. Au mieux, le site web est rentré dans le TOP 5 des magasins ou est devenu le premier point de vente mais de manière générale, il représente entre 10 à 20% du chiffre d’affaires total. Par conséquent, le réseau de points de vente physiques ne doit pas être négligé au profit du site web de l’enseigne », note le directeur commercial de Leadformance.

Il s’agit de rebâtir sur internet son réseau de distribution physique

Encore de nombreuses synergies

Où en sont les enseignes aujourd’hui des synergies entre site web et réseau physique ? « Ce n’est que le début, la guerre a longtemps été de mise entre le réseau de distribution et le site marchand mais les choses évoluent. En effet, un site e-commerce ne peut pas se limiter à mettre en ligne un catalogue produit. On peut voir la stratégie d’une enseigne rien qu’en analysant la page d’accueil de son site internet. Où se trouve la liste des points de vente appelée aussi « Store Locator » ? L’information est-elle relayée dans le footer ou dans une sous-rubrique d’un onglet corporate ou clairement mise en avant. » Même si beaucoup d’enseignes ont intégré des informations relatives à leurs points de vente, il reste beaucoup à faire.

Le positionnement de Leadformance est d’aller bien plus loin qu’implémenter les informations de lieux et d’horaires des magasins pour devenir un générateur de trafic sur le site web. Les pages ou mini-sites des points de vente sont optimisés pour le référencement naturel géolocalisé.

En effet, apporter l’information aux personnes qui sont déjà sur votre site est une bonne chose, mais autant apporter l’information aux internautes qui vous cherchent ou cherchent vos produits sur Google. Si le SEO ne vous apporte pas suffisamment de trafic, la société peut même gérer vos campagnes display ou adwords géolocalisées pour vous. Mais le logiciel est également un véritable CMS et outil marketing pour les directeurs de magasins. « Notre logiciel permet de gérer le niveau d’autonomie laissé au niveau local du point de vente. Le directeur du magasin peut se connecter sur notre interface et gérer complètement l’animation commerciale, les mises en avant et mettre à jour ses horaires exceptionnels d’ouverture par exemple ou ses événements et promotions locaux. De plus, un formulaire de contact est disponible et les leads récoltés peuvent être remontés dans la base de données clients nationale ou locale ». Le sujet est autant stratégique que commercial nous explique Raphaël Ducottet. « Les sites marchands ont désormais de belles audiences mais on le sait les taux de transformation sont très faibles. Que faire de ce trafic chèrement acquis? C’est là où les responsables e-commerce ont une opportunité à saisir en venant à la rescousse de leurs réseaux physiques. Ils peuvent ainsi devenir d’importants apporteurs de leads et de trafic offline et ainsi prendre plus de poids dans les organisations. » Au cœur de ces évolutions se situe le concept de stratégie multicanal ou d’omnicanal. Il s’agit de déployer une stratégie de ventes cohérente sur plusieurs canaux de distribution et pour y arriver, il va falloir enterrer les haches de guerre inter-services et jouer la collaboration, ce qu’encourage ce type de logiciel. On peut d’ailleurs également impliquer son community manager à la tâche car l’outil est intégrable sur les pages facebook des enseignes, exemple avec Darty :

Store-locator-Darty-sur-Facebook---Leadformance

 

Un appui de taille, les Pages Jaunes

Le groupe Pages Jaunes a pris une participation dans la société en décembre 2011, un pas important et stratégique dans la mutation digitale du groupe. Ainsi, les clients Leadformance peuvent bénéficier d’apport de trafic vers leurs différentes pages de points de vente à partir du site des Pages Jaunes. A l’inverse Les Pages jaunes bénéficient ainsi d’une offre complète 100% digitale, optimisée en SEO et éprouvée à proposer à ses clients existants. Par ailleurs, le groupe a racheté en juin 2011 le service clicRDV qui permet de prendre rendez-vous en ligne avec un point de vente…juste ce qu’il manquait à la proposition de valeur auprès des artisans et professionnels. Je vous invite à visionner l’interview de Julien Apollini, Directeur de la stratégie et de la communication du groupe au Billaut Show. On apprend que le mobile était dans la roadmap produit pour pouvoir prendre rdv depuis une application ou un site mobile. L’offre est de 49€ par mois pour les professionnels intéressés. Pages Jaunes compte environ 700 000 clients TPE PME qui seront autant de nouveaux débouchés pour Leadformance et clicRDV mais surtout 2 000 commerciaux qui pourront apporter autant de leads pour ces deux solutions.

 Le local a de l’avenir

Le Web 2011 de Loic Lemoeur a mis à l’honneur le SoLoMo et cela a cristallisé des tendances qui étaient dans l’ère du temps. « L’accueil des marques et des enseignes a clairement changé avec la vague de communication autour du concept de SoLoMo, cela permet de mettre des mots simples, des acronymes et d’aller plus vite dans l’approche commerciale. Nos mini-sites pour les points de ventes sont mobile friendly donc Leadformance accompagne ses clients dans la dimension locale mais aussi mobile. On voit de plus en plus de postes de Directeur multicanal chez les distributeurs. » souligne Raphaël Ducottet. Ce qui est également révélateur est que la solution n’intéresse pas seulement les enseignes mais aussi les marques sans points de vente. Elles peuvent ainsi apporter du trafic à leurs partenaires distributeurs et favoriser la préférence à la marque. La relation locale et de proximité peut également prendre corps en mode 2.0 car les clients peuvent donner leurs avis sur les points de vente et ainsi faire un retour d’expérience sur leur visite au magasin. Des sondages et enquêtes peuvent être également menés sur la base de clients inscrits.

Une autre tendance est en train d’arriver, il s’agit du click and collect. L’internaute peut réserver online, en payant ou pas, et ensuite finaliser son achat dans un point de vente physique. C’est la prochaine évolution du logiciel qui devra ainsi s’interfacer avec les données de stock des enseignes. C’est justement le positionnement de la société Socloz, qui a d’ailleurs levé 1 million d’euros en avril dernier. On ne peut pas imaginer que les deux start-up ne fassent rien ensemble. L’enseigne Tesco est allée plus loin encore que le click and collect online en le proposant dans les vitrines de ses magasins londoniens récemment, après avoir fait la fameuse opération dans le métro à Séoul. Il existe le web et le mobile pour créer du trafic en magasins mais il va falloir compter avec les voitures. En effet, les entreprises comme Tomtom sont tout à fait à même de proposer un référencement aux enseignes disposant de points de vente et ainsi de devenir des générateurs de leads.

Présentation commerciale de Leadformance :

Si vous êtes responsable e-commerce d’un click and mortar et qu’après cela vous n’êtes pas convaincu de l’intérêt d’un store locator, je ne peux que vous renvoyer vers le livre que Raphaël m’a moi-même conseillé de lire, Les paradoxes de la relation client dans un monde digital d’Eric Falque et Sarah-Jayne Williams. Le sujet est d’autant plus d’actualité que nous avons appris récemment la nomination d’un français, Hubert Joly, à la tête du géant américain de la distribution, Best Buy.

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Google play en 2012

Logo Google PlayLa guerre des stores d’applications est toujours aussi vivace en 2012 qu’en 2011. Google a rebrandé son Android market Play Store au sein de Google Play en mars dernier. Il est clair que les mauvais chiffres de reversement aux éditeurs d’applications annoncés en 2011 et l’arrivée d’Amazon dans la bataille y sont pour quelque chose. Bien que le lancement ait eu lieu en mars dernier, assez discrètement il faut le dire, c’est en juin que nous avons eu plus de détails sur la stratégie de Google quant à son Store. En effet, la sacro sainte conférence Google I/O, une conférence dédiée aux développeurs qui a eu lieu du 27 au 29 juin, a été riche en annonces cette année : la nouvelle tablette Nexus, les lunettes Android, Google Drive et un point sur le store : Google Play.

Le lancement de Google Play :

C’est en mars dernier que Google a annoncé le lancement de Google Play. Plus qu’un changement de nom de l’Android Market, il s’agit bien de mettre en place un concurrent à l’iTunes d’Apple. Apple a lancé Itunes puis l’App Store, Google fait l’inverse. Le besoin d’une marque ombrelle forte regroupant des sous catégories a été la stratégie suivie, à mon sens à juste titre.Android proposait des jeux et des applications, Google Play propose bien plus avec notamment les livres, la musique et les films. C’est en fait la fusion de Google Music et d’Android Market quant aux livres et aux films, ils n’existaient pas et ont été lancés depuis dans plusieurs pays. Google Play est désormais accessible dans la barre universelle du moteur de recherche.  Il est loin le temps où Google se voulait neutre et n’était qu’un simple moteur de recherche. La société devient distributeur de contenus payants, tout comme Apple, et fabricant d’hardware depuis le rachat de Motorola. Amazon a fait très peur avec son Kindle Fire et son Appstore dédié, Google lance Google Play et sa tablette Google Nexus 7 dans la foulée pour pouvoir se battre avec les mêmes armes.

Le nouveau slogan de Google Play :

google play slogan

 

La vidéo de présentation officielle :

 

Le Google Play Store et toutes ses catégories

Le Google Play Store et toutes ses catégories

 

 

Les chiffres de Google Play en 2012 :

Chris Yerga, ingénieur en chef du Store a présenté quelques chiffres :

  • 400 millions d’activations de smartphones sous Android, 1M par jour…il y avait 100M d’activations il y a un an.
  • 20 milliards d’applications téléchargées
  • 1,5 milliards d’applications téléchargées par mois
  • 600 000 applications disponibles
  • 190 pays disponibles pour les appli gratuites
  • 132 pays  pour les appli payantes (et oui, dans certains pays il semblerait qu’il n’y ait que des appli gratuites de disponibles !)
  • 67% des revenus de Google Play sont réalisés hors des US
  • Les plus gros marchés : US, Japon, Corée, Allemagne et la France

La présentation a clairement fait un focus sur le paiement opérateur (carrier billing) en prenant le Japon en exemple. Le marché Japonais a fait x14 en un an et Chris semble expliquer cela principalement par ce mode de paiement. Premièrement, 95% des users ont la capacité d’acheter par leur opérateur telecom, deuxièmement, 73% des achats d’applications ont été réalisés par ce mode de paiement.

TynCo est cité en exemple pour l’appli Tiny Village pour qui les revenus des achats au sein même de l’application ont dépassé les revenus liés à la vente de l’application. La clé étant la sortie régulière de nouveaux contenus à acheter dans l’application. L’abonnement a été promu d’une belle manière, notamment avec l’exemple de l’éditeur de jeux Glu et de son VIP Club. Il est évident que les modèles d’abonnement ont de l’avenir et permettent d’obtenir plus de valeur par utilisateur.

Les nouveautés pour les développeurs d’applications

Monétisation de Google Play pour les développeurs

Monétisation de Google Play pour les développeurs

 

L’interface développeur d’Android a été améliorée notamment avec pas mal de nouveaux indicateurs concernant le parcours d’acquisitions : la version d’Android, le terminal, le pays, la langue et l’opérateur. Les informations concernant les notifications envoyées par le service Google Cloud Messaging sont désormais intégrées dans l’interface développeurs, ce qui est une bonne nouvelle. Une interface de gestion des utilisateurs a été également ajoutée, permettant de limiter les données visibles aux simples utilisateurs de votre équipe. Pour le reste, les données sont désormais disponibles dans Google Analytics en installant le SDK au sein de votre application.

Depuis le Google I/O, deux nouveautés ont fait leur apparition sur les blogs spécialisés : l’annonce du lancement de carte cadeau en magasin de 10 et 25 dollars, sur le modèle d’Itunes, de Facebook et d’Amazon. Egalement, l’apparition d’une wishlist à la Amazon permettant de signaler les applications que l’on souhaiterait acheter.

Carte cadeau Google Play

Carte cadeau Google Play

Google propose désormais un service pour faciliter l’installation d’applications de plus de 50MO appelé « APK Expansion Files », cela concernera a priori uniquement les éditeurs de jeux. Également, un module Smart App Updates permettant d’updater une application en téléchargeant uniquement les données qui ont changé et non tout l’APK à nouveau. Une bonne nouvelle pour les applications ayant reçu de mauvaises appréciations est qu’ils pourront désormais y répondre ! D’autres améliorations ont été apportées dans l’interface de publication de nouvelles applications et ont fait l’objet d’une demo en live. Toutes ces nouveautés sont disponibles sur le nouveau site dédié aux développeurs et sur la Google Play Developer Console.

Il faut également mentionner des modifications concernant les règles à respecter pour publier une application dans le store, parmi les points importants :

  • Les éditeurs sont responsables du comportement des publicités incluses dans leurs applications
  • Aucun autre mode de paiement autre que Google Play n’est autorisé
  • Interdiction d’imiter le comportement de l’OS
  • Afficher une webview d’un site qui n’est pas administré par le développeur lui-même est interdit
  • Envoi de SMS en arrière plan pour faire par exemple du silent billing interdit
  • Interdiction d’obliger de cliquer sur une publicité pour accéder au contenu d’une application
  • Interdiction de renseigner des mots clés pour le référencement de son application sans rapport avec cette dernière
  • Paris sportifs et casino interdits

 

Enfin, Google nous donne 5 conseils de base dans le lancement d’une application :

  • Se concentrer sur les utilisateurs
  • Localiser son application dans chaque pays
  • Penser d’ors et déjà aux tablettes (La Nexus 7 arrive très bientôt en France à 199€…)
  • Trouver le meilleur business modèle : publicité, achat de l’appli, achat au sein de l’appli, abonnement…
  • Investir dans le marketing et l’analytics

93% des applications du Top des applications les plus rentables incluent de l’in-app :

En complément de cette présentation, il est intéressant de regarder ce que nous dit le TOP 100 des applications les plus rentables sur iPhone : 93% des applications les plus rentables incluent le paiement in-app…

chart-of-the-day - comment gagner de l'argent avec une application mobile

Pour revoir la keynote de Google Play :

En conclusion, Google fait tout pour rendre plus rentable son store d’applications, jusqu’ici il faut bien le dire plutôt décevant par rapport à son grand concurrent l’Apple Store. En effet, en novembre dernier l’analyste Gene Munster de Piper Jaffray estimait qu’Android avait généré 7% des revenus d’Apple, autant dire que les développeurs ont dû vite s’en rendre compte au cours de l’année 2011. Dès lors, les sondages d’intentions auprès de la communauté vont bon train et malgré le dépassement d’Android en terme de parts de marché utilisateurs, les intentions de développements sur iOS restent très fortes. Dès janvier, une feuille de route ambitieuse avait été mise en place comme l’expliquait Eric Chu, un manager de la plateforme Android. Ces nouveautés dévoilées lors du Google I/O sont autant de nouvelles armes et d’atouts pour permettre à Google de redresser la bar, de générer enfin des revenus conséquents et bien sûr de satisfaire sa communauté de développeurs. Les évolutions sont nombreuses encore une fois, changement de nom, nouveaux modes de paiements, ajout de catégorie produits mais ce qui semble le plus important pourrait être le fait de demander le numéro de carte bancaire durant le premier paramétrage de l’OS par l’utilisateur. Une stratégie que beaucoup de monde envie à Apple qui détient les informations bancaires de tous ses clients ! Pour autant, améliorer Google Play est indispensable mais ne suffit pas à affronter tous les concurrents qui se présentent et certains commentateurs parlent de plus en plus de la confrontation de Google contre Amazon…mais c’est une autre histoire.

Si cet article vous a convaincu d’adapter votre business au défi du mobile, vous pouvez avoir quelques pistes avec notre article intitulé « Que faire face à la révolution marketing mobile? ». Et bien sûr, je vous recommande vivement la lecture de ma thèse « La révolution mobile, vers le shopping 3.0? » réalisée dans le cadre du MBA MCI à l’ILV.

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Comment Square révolutionne le paiement

C’est en lisant le Wired UK et en raison de son actualité que j’ai eu envie de faire ce billet sur Square . Son fondateur Jack Dorsey est un entrepreneur de 36 ans, co-fondateur et actuel Chairman de Twitter. Sa nouvelle société Square propose tout simplement de révolutionner l’industrie du paiement ! Square a compte déjà 350 employés et a enregistré 6 milliards de dollars de transaction. Elle s’apprête à lever $200M pour une valorisation de 3,25 milliards de dollars (source : business insider)

Comment ça marche?

Le produit phare, le Square reader :

Boccalone Gets Paid With Square from Square on Vimeo.

L’idée est simple, permettre à n’importe qui de facturer en carte bleue un client. Cela peut concerner des transactions qui se faisaient habituellement en cash (payer pour votre cours de guitare) ou bien aux petits commerces qui demandent un minimum de facturation pour accepter la carte bleue compte tenu des commissions des acteurs historiques de ce marché. Le déclencheur a été dans ce petit lecteur, design et élégant, qui a relayé aux oubliettes les espoirs trop longtemps déçus qui avaient été mis dans la technologie NFC. La première étape a été de toucher les commerçants avec le Card reader et Square Register. La 2ème étape a été lancée il y a peu avec le produit Pay with square dont l’objectif est d’équiper directement les consommateurs.

3 produits square :

    • Square card reader : avec l’aide d’un lecteur de carte à poser sur l’emplacement audio de son iphone ou de son android, l’application Square permet de facturer par CB, sans terminal de paiement supplémentaire. Cible : les commerçants et les indépendants
    • Square register : une application ipad qui a pour ambition de remplacer la caisse enregistreuse de votre commerçant physique habituel. Il est bien sûr possible d’enregistrer des paiements par CB et cash, payés le lendemain sur votre compte en banque. En un clic, vous pouvez imprimer un ticket de caisse ou ouvrir votre caisse d’argent liquide habituelle ! En bonus, le commerçant accède à un dashboard d’analytics complet afin de suivre ses stats de vente. La commission est la même qu’en utilisant le square card reader pour iphone, 2,75% par transaction. Cible : les commerçants et les indépendants

Square Register from Square on Vimeo.

  • Pay with Square (précédement appelé Card case) : Plus fort que le lecteur pour lire la CB. Le client donne simplement son nom à la caissière et elle procède directement au paiement, votre identité est détectée grâce au smartphone qui est dans votre poche. C’est un peu comme si vous demandiez à votre barman préféré de mettre tout ça sur votre note ! C’est une très belle utilisation du geo-fencing, une technologue de ciblage geographique qui a beaucoup d’avenir. Par ailleurs, l’application détecte quels sont les marchants qui accepteront ce nouveau mode de paiement. Il est par ailleurs possible de partager le lieu où vous avez payé sur les réseaux sociaux. Disponible sur iOS depuis son lancement et sur Android depuis Mars 2012. Cible : les consommateurs

Le gros avantage pour les commerçants est  qu’il n’y a pas de compte à créer, pas de frais mensuels, le lecteur (appelé dongle en anglais) est même offert ! La commission est de 2,75% sur chaque transaction. En France, le montant des transactions payées par CB s’élève à 482, 6 milliards d’euros en 2011 et il y a + de 60 millions de cartes en circulation (source : cartes-bancaires.com). Le déploiement international est actuellement en cours, encore un peu de patience pour pouvoir le tester en France. A noter cependant la présence d’un acteur européen local, iZettle (source : techcrunch).

Fidalisation / reward : 

Square a lancé ces derniers mois un programme de fidélité…un prolongement naturel et un service supplémentaire pour encourager son usage. Le consommateur cumulera des points à chaque fois qu’il paiera avec Square. Les Groupon et autres Livingsocial doivent regarder cela avec attention car il n’y a qu’un pas pour que cela leur fasse perdre des parts de marché auprès des marchands.

Concurrence :

Square est le plus visible et le plus agile des acteurs qui comptent bien révolutionner le paiement physique par le mobile. Il faut néanmoins compter avec des acteurs comme Intuit, American Express, Paypal, Verifone…

American Express a lancé SERVE en mars 2011 et a multiplié les annonces et les partenariats comme avec Zynga en mai de cette année par exemple. Le service permet de payer en ligne via email, offline avec sa carte bleue mais aussi d’effectuer des paiements entre particuliers, y compris sur facebook !

Pour y voir un peu plus clair, voici une matrice pour mieux comprendre les acteurs du mpaiement et leur positionnement :

Paypal :  Le géant du paiement online compte bien manger une part du gateau offline que Square commence à grignoter. La société a donc lancé en début d’année Paypal Here, sa réponse au dongle de Square (pour l’instant compatible que sur les iPhone). Paypal a même finalement racheté la société partenaire qui supportait le produit, Card.io (source : presse citron).

Verifone : Acteur du paiement traditionnel qui fournit les TPE (Terminaux de Paiement Eléctroniques), Verifone ne veut pas se laisser distancer plus longtemps. Il a lancé Payware et dernièrement un lecteur fortement similiaire à celui de Square, le SAIL (uniquement iPhone). La lutte sera bien plus dure avec cet acteur qui possède plus de 20 millions de points de vente utlisant leur service de carte bleue en base clients et avance couvrir 65% du commerce physique américain.

Apple a récemment fait l’annonce de son portefeuille virtuel, nommé PassBook, qui se contente aujourd’hui de rassembler les cartes de fidélité. Techcrunch a fait un excellent article pour couvrir cette annonce. Si la firme décide de se lancer complètement dans cette activité, il y a fort à parier que ses 400 millions de cartes de crédit de clients Apple devraient l’y aider !

…la liste pourrait s’allonger avec les opérateurs télécom et les géants du web comme Facebook et Google qui ont de grandes ambitions sur le sujet. D’ici là Square continuera à faire le buzz et à nous étonner avec de nouvelles innovations.

Vincent Tessier

@vincentessier