Google play en 2012

Logo Google PlayLa guerre des stores d’applications est toujours aussi vivace en 2012 qu’en 2011. Google a rebrandé son Android market Play Store au sein de Google Play en mars dernier. Il est clair que les mauvais chiffres de reversement aux éditeurs d’applications annoncés en 2011 et l’arrivée d’Amazon dans la bataille y sont pour quelque chose. Bien que le lancement ait eu lieu en mars dernier, assez discrètement il faut le dire, c’est en juin que nous avons eu plus de détails sur la stratégie de Google quant à son Store. En effet, la sacro sainte conférence Google I/O, une conférence dédiée aux développeurs qui a eu lieu du 27 au 29 juin, a été riche en annonces cette année : la nouvelle tablette Nexus, les lunettes Android, Google Drive et un point sur le store : Google Play.

Le lancement de Google Play :

C’est en mars dernier que Google a annoncé le lancement de Google Play. Plus qu’un changement de nom de l’Android Market, il s’agit bien de mettre en place un concurrent à l’iTunes d’Apple. Apple a lancé Itunes puis l’App Store, Google fait l’inverse. Le besoin d’une marque ombrelle forte regroupant des sous catégories a été la stratégie suivie, à mon sens à juste titre.Android proposait des jeux et des applications, Google Play propose bien plus avec notamment les livres, la musique et les films. C’est en fait la fusion de Google Music et d’Android Market quant aux livres et aux films, ils n’existaient pas et ont été lancés depuis dans plusieurs pays. Google Play est désormais accessible dans la barre universelle du moteur de recherche.  Il est loin le temps où Google se voulait neutre et n’était qu’un simple moteur de recherche. La société devient distributeur de contenus payants, tout comme Apple, et fabricant d’hardware depuis le rachat de Motorola. Amazon a fait très peur avec son Kindle Fire et son Appstore dédié, Google lance Google Play et sa tablette Google Nexus 7 dans la foulée pour pouvoir se battre avec les mêmes armes.

Le nouveau slogan de Google Play :

google play slogan

 

La vidéo de présentation officielle :

 

Le Google Play Store et toutes ses catégories

Le Google Play Store et toutes ses catégories

 

 

Les chiffres de Google Play en 2012 :

Chris Yerga, ingénieur en chef du Store a présenté quelques chiffres :

  • 400 millions d’activations de smartphones sous Android, 1M par jour…il y avait 100M d’activations il y a un an.
  • 20 milliards d’applications téléchargées
  • 1,5 milliards d’applications téléchargées par mois
  • 600 000 applications disponibles
  • 190 pays disponibles pour les appli gratuites
  • 132 pays  pour les appli payantes (et oui, dans certains pays il semblerait qu’il n’y ait que des appli gratuites de disponibles !)
  • 67% des revenus de Google Play sont réalisés hors des US
  • Les plus gros marchés : US, Japon, Corée, Allemagne et la France

La présentation a clairement fait un focus sur le paiement opérateur (carrier billing) en prenant le Japon en exemple. Le marché Japonais a fait x14 en un an et Chris semble expliquer cela principalement par ce mode de paiement. Premièrement, 95% des users ont la capacité d’acheter par leur opérateur telecom, deuxièmement, 73% des achats d’applications ont été réalisés par ce mode de paiement.

TynCo est cité en exemple pour l’appli Tiny Village pour qui les revenus des achats au sein même de l’application ont dépassé les revenus liés à la vente de l’application. La clé étant la sortie régulière de nouveaux contenus à acheter dans l’application. L’abonnement a été promu d’une belle manière, notamment avec l’exemple de l’éditeur de jeux Glu et de son VIP Club. Il est évident que les modèles d’abonnement ont de l’avenir et permettent d’obtenir plus de valeur par utilisateur.

Les nouveautés pour les développeurs d’applications

Monétisation de Google Play pour les développeurs

Monétisation de Google Play pour les développeurs

 

L’interface développeur d’Android a été améliorée notamment avec pas mal de nouveaux indicateurs concernant le parcours d’acquisitions : la version d’Android, le terminal, le pays, la langue et l’opérateur. Les informations concernant les notifications envoyées par le service Google Cloud Messaging sont désormais intégrées dans l’interface développeurs, ce qui est une bonne nouvelle. Une interface de gestion des utilisateurs a été également ajoutée, permettant de limiter les données visibles aux simples utilisateurs de votre équipe. Pour le reste, les données sont désormais disponibles dans Google Analytics en installant le SDK au sein de votre application.

Depuis le Google I/O, deux nouveautés ont fait leur apparition sur les blogs spécialisés : l’annonce du lancement de carte cadeau en magasin de 10 et 25 dollars, sur le modèle d’Itunes, de Facebook et d’Amazon. Egalement, l’apparition d’une wishlist à la Amazon permettant de signaler les applications que l’on souhaiterait acheter.

Carte cadeau Google Play

Carte cadeau Google Play

Google propose désormais un service pour faciliter l’installation d’applications de plus de 50MO appelé « APK Expansion Files », cela concernera a priori uniquement les éditeurs de jeux. Également, un module Smart App Updates permettant d’updater une application en téléchargeant uniquement les données qui ont changé et non tout l’APK à nouveau. Une bonne nouvelle pour les applications ayant reçu de mauvaises appréciations est qu’ils pourront désormais y répondre ! D’autres améliorations ont été apportées dans l’interface de publication de nouvelles applications et ont fait l’objet d’une demo en live. Toutes ces nouveautés sont disponibles sur le nouveau site dédié aux développeurs et sur la Google Play Developer Console.

Il faut également mentionner des modifications concernant les règles à respecter pour publier une application dans le store, parmi les points importants :

  • Les éditeurs sont responsables du comportement des publicités incluses dans leurs applications
  • Aucun autre mode de paiement autre que Google Play n’est autorisé
  • Interdiction d’imiter le comportement de l’OS
  • Afficher une webview d’un site qui n’est pas administré par le développeur lui-même est interdit
  • Envoi de SMS en arrière plan pour faire par exemple du silent billing interdit
  • Interdiction d’obliger de cliquer sur une publicité pour accéder au contenu d’une application
  • Interdiction de renseigner des mots clés pour le référencement de son application sans rapport avec cette dernière
  • Paris sportifs et casino interdits

 

Enfin, Google nous donne 5 conseils de base dans le lancement d’une application :

  • Se concentrer sur les utilisateurs
  • Localiser son application dans chaque pays
  • Penser d’ors et déjà aux tablettes (La Nexus 7 arrive très bientôt en France à 199€…)
  • Trouver le meilleur business modèle : publicité, achat de l’appli, achat au sein de l’appli, abonnement…
  • Investir dans le marketing et l’analytics

93% des applications du Top des applications les plus rentables incluent de l’in-app :

En complément de cette présentation, il est intéressant de regarder ce que nous dit le TOP 100 des applications les plus rentables sur iPhone : 93% des applications les plus rentables incluent le paiement in-app…

chart-of-the-day - comment gagner de l'argent avec une application mobile

Pour revoir la keynote de Google Play :

En conclusion, Google fait tout pour rendre plus rentable son store d’applications, jusqu’ici il faut bien le dire plutôt décevant par rapport à son grand concurrent l’Apple Store. En effet, en novembre dernier l’analyste Gene Munster de Piper Jaffray estimait qu’Android avait généré 7% des revenus d’Apple, autant dire que les développeurs ont dû vite s’en rendre compte au cours de l’année 2011. Dès lors, les sondages d’intentions auprès de la communauté vont bon train et malgré le dépassement d’Android en terme de parts de marché utilisateurs, les intentions de développements sur iOS restent très fortes. Dès janvier, une feuille de route ambitieuse avait été mise en place comme l’expliquait Eric Chu, un manager de la plateforme Android. Ces nouveautés dévoilées lors du Google I/O sont autant de nouvelles armes et d’atouts pour permettre à Google de redresser la bar, de générer enfin des revenus conséquents et bien sûr de satisfaire sa communauté de développeurs. Les évolutions sont nombreuses encore une fois, changement de nom, nouveaux modes de paiements, ajout de catégorie produits mais ce qui semble le plus important pourrait être le fait de demander le numéro de carte bancaire durant le premier paramétrage de l’OS par l’utilisateur. Une stratégie que beaucoup de monde envie à Apple qui détient les informations bancaires de tous ses clients ! Pour autant, améliorer Google Play est indispensable mais ne suffit pas à affronter tous les concurrents qui se présentent et certains commentateurs parlent de plus en plus de la confrontation de Google contre Amazon…mais c’est une autre histoire.

Si cet article vous a convaincu d’adapter votre business au défi du mobile, vous pouvez avoir quelques pistes avec notre article intitulé « Que faire face à la révolution marketing mobile? ». Et bien sûr, je vous recommande vivement la lecture de ma thèse « La révolution mobile, vers le shopping 3.0? » réalisée dans le cadre du MBA MCI à l’ILV.

Suivez-moi sur twitter @vincenttessier

Les weekends Bemyapp

Coup de projecteur sur les Weekends Bemyapp aujourd’hui. L’explosion des applications par l’adoption et l’usage des utilisateurs est une vague que certains ne veulent pas rater. Pendant que d’autres attendent que l’internet mobile rattrape et dépasse le monde applicatif, d’autres enfoncent le clous et veulent sortir la prochaine killer app. Pour cela, vous pouvez rester dans votre coin, trouver un concept et développer avec les ressources que vous avez. Ou bien, vous pouvez expérimenter un week-end Bemyapp, « a tech event with a spirit », une sorte de rassemblement marathon de 48h00 où des équipes se forment en mode commandos, des profils complémentaires font équipes, des porteurs d’idées rencontrent des marketeurs et des développeurs. Ça sent bon les Foo Bars organisés par Tim O’Reilly dans les années 2003 à San Francisco mais 10 ans après et à Paris.

Il y a déjà eu 8 week-ends d’organisés en France :

  • Juin 2010 : spécial iOS
  • Octobre 2010 : Spécial iOS #2
  • Décembre 2010 : Spécial Android
  • Février 2011 : iOS National
  • Avril 2011 : Android National
  • Juin 2011 : Android vs iOS
  • Septembre 2011 : Webapp
  • Octobre 2011 : Bada
Voici le teasing du dernier en date Spécial Bada :


Et voici un exemple de projet et d’équipe :

Quelques photos :

Created with Admarket’s flickrSLiDR.
Le prochain aura lieu du 2 au 4 décembre, en soutient au Téléthon, cliquez-ici pour vous inscrire.

Ce projet a été créé par Jonathan Karp et Cyril Attia, ce dernier explique et détaille leur ambition dans une interview pour MSN à savoir de constituer une communauté de développeurs et d’être intermédiaire avec les marques. Vous pouvez également écouter l’interview audio réalisée par Frenchweb ici. La société a en fait 3 activités : l’organisation des weekends Bemyapp, régie publicitaire de sponsoring d’applications et place de marché d’échange de visibilité entre éditeurs d’applications. Le projet a déjà réuni 850 créateurs d’applications, un très beau début. L’agence Ad4Screen a été séduite par le projet et a pris une participation dans la jeune société, plutôt malin de leur part. La société compte 12 salariés et le concept se développe à l’international, en Italie, en Allemagne, en Angleterre et même aux Etats unis avec des bureaux à San Francisco.

Pour suivre leur actualité, suivez leur blog, leurs tweets et leur page facebook.

Vincent Tessier

Suivez-moi sur Twitter et Scoopit.

Android sur votre PC Windows

Je vous fais part aujourd’hui d’une petite découverte faite hier. La news m’est venue sur le groupe de discussion des développeurs Android sur Linkedin, il s’agit tout simplement de mettre les applis de votre téléphone Android sur Windows. La société Bluestacks a été créée en 2008, compte 25 employés et a fait deux belles levées de fonds, 7,5M$ en mai dernier et une en octobre de 6,4M$. L’annonce officielle de la version publique du service a eu lieu le 11 Octobre, dont voici le communiqué de presse.

[quote]“The openness of Android is enabling innovation around the world. We are grateful to Google and others for their contributions. This is also a social equalizer in the US and countries like Brazil, India and China, where a large percentage of the population who can only afford smartphones can now enjoy and benefit from the ubiquity of apps on the Android platform, » said Rosen Sharma, president and CEO of BlueStacks.[/quote]

Le blog spécialisé Android-france.fr s’était fait l’écho en Avril dernier de la version de test.

Voici ce que cela donne sur votre PC windows :

 

 

 

 

 

 

 

 

La vidéo du concept :

Comment ça marche une fois installée :

Voici la marche à suivre pour ceux qui veulent tester le service :
1/ Installer le programme sur votre pc, c’est ici
2/ Vous avez maintenant le widget sur votre bureau avec les applications installées de base.
3/ Il faut ensuite cliquer sur le bouton « Get more Apps »
4/ Une page s’ouvre dans votre navigateur, il faut aller sur Cloud Coonect, un code « PHONE PIN » apparait.
5/ Il faut maintenant télécharger l’appli Android BlueStacks Cloud sur votre téléphone et entrer le code pin.
6/ Vos applis se synchronisent avec votre PC et apparaissent dans votre Widget BlueSTacks.

Bluestacks Channel

Bluestacks Channel

 

Une vidéo pour la partie Cloud connect :

Les constructeurs de PC seraient intéressés pour installer BlueStacks en natif sur les prochaines sorties d’usines… Un effet de levier qui serait énorme pour la start-up.

La société est en discussion avec Opéra pour intégrer le store d’application Handster ainsi qu’avec Slideme

Les développeurs Android y voient des débouchés supplémentaires, car toucher les utilisateurs d’Android est une chose, adresser les utilisateurs de Windows est un tout autre gâteau ! On voit bien que ce projet n’en est qu’au début et qu’il est très prometteur, on ne lève pas 14M$ sans un concept fort et une vraie innovation. Chapeau !

Vincent Tessier
Suivez-moi sur : Twitter, Linkedin et Scoopit.