Interview Yann Casanova – Fondateur de Fidall

L’application FIDALL permet en quelques clics de dématérialiser les cartes de fidélités qui encombrent les portefeuilles et les sacs à main de tous les Français. Disponible via l’Apple store pour les téléphones iPhone et sur l’Android. Market, cet usage est emblématique de la révolution que le mobile est en train de mener dans le commerce physique. Nous sommes donc aller à la rencontre de son fondateur pour en savoir plus.

 

Vincent Tessier : Pouvez-vous présenter votre société et l’application Fidall ?

Yann Casanova : Fidall a un an et demi, notre application étant sortie en Juillet 2010 et l’accueil a été tout de suite enthousiaste. L’idée simple est partie d’un constat et d’une expérience personnelle à savoir que je n’avais jamais la bonne carte de fidélité quand je passais en caisse de mes magasins favoris. Dès les 5 premières semaines, l’appli a été téléchargée plus de 80 000 fois et nous en sommes maintenant à plus de 600 000 utilisateurs. Ces derniers ont vraiment été moteurs dès le début en nous sollicitant pour référencer telle ou telle enseigne qui n’était pas présente ; Nous avons reçu jusqu’à 800 mails par jour de ce type lors des débuts, et des centaines d’enseignes pour lesquels vous pouvez enregistrer votre carte de fidélité physique que vous aviez dans votre portefeuille sont aujourd’hui référencées ; cela est d’ailleurs possible sans nécessairement créer un compte Fidall. Par ailleurs, vous pouvez vous inscrire et obtenir directement une nouvelle carte de fidélité sur le mobile pour environs une quinzaine d’enseigne.

VT : Comment sont reconnus les clients en magasins lors du passage en caisse ?

YC : De la même manière que vous présentez votre carte de fidélité à votre magasin favori, vous présentez votre code barre dématérialisé au sein de l’application Fidall pour que la caissière puisse scanner le code avec sa douchette. A ce propos, nous avons constaté un renversement dans l’innovation et la CRM des enseignes. Là ou d’habitude, les enseignes proposent des dispositifs à leurs clients en espérant qu’ils soient adoptés, ce sont ici les consommateurs qui ont sollicité les enseignes pour qu’elles s’équipent en douchette adaptée. En effet, au lancement de l’application, beaucoup d’enseignes n’étaient pas encore équipés d’appareils adéquats pour scanner un écran de mobile, mais cela a changé à présent et beaucoup de points de ventes ont fait cet investissement ou sont sur le point de le faire

VT : A combien de personnes estimez-vous votre cible d’utilisateur ?

YC : Nous considérons que l’application Fidall a vocation à être dans chaque smartphone. Le nombre de carte de fidélité est estimé à environ 400 millions en France, soit 6 à 7 cartes par personnes. Je vous mets d’ailleurs au défi de trouver quelqu’un qui n’en a aucune ! Par conséquent nous ciblons tous les utilisateurs de smartphones. D’ailleurs, il est admis que les femmes sont plus réceptives aux coupons et aux cartes de fidélité mais les hommes ne sont pas en reste car l’application répond déjà au besoin de ne jamais avoir la bonne carte de fidélité sur soi.

VT : Quel est aujourd’hui votre business model ?

YC : Nous avons deux offres à destination des enseignes et des marques. La première est la génération de lead pour les enseignes, puisque nous sommes capables de leurs apporter de nouveaux inscrits à leur programme de fidélité. Soit il s’agissait de clients existants mais qui n’étaient pas inscrits au programme, charge ensuite à l’enseigne et à la qualité du programme relationnel de « travailler » le client pour le faire revenir plus souvent ou augmenter son panier moyen. Soit c’est de la pure acquisition de personnes qui n’était pas clientes de l’enseigne. Sur cette offre commerciale, nous sommes à la performance, l’enseigne nous rémunérant pour chaque nouvel inscrit, aucun risque pour elle donc. Notre deuxième offre est de proposer aux enseignes ou aux marques de pousser une offre, un bon plan aux porteurs de leurs cartes de fidélité. Sur ce push nous sommes extrêmement vigilent à la cohérence de l’offre poussée afin de cibler au mieux et offrir  à l’utilisateur de l’application un service à valeur ajoutée. Nous facturons notre client à la promotion vue et non au volume de personnes auxquelles elle a été envoyée. Cette offre s’adresse aux enseignes mais également aux marques et dans ces cas-là, nous poussons une offre d’une marque qui est déjà distribuée dans l’enseigne que nous allons cibler.

VT : Quel est l’accueil des enseignes à ce type de nouveau dispositif ?

YC : L’internet mobile et la dématérialisation en sont encore à leurs débuts, ce qui nécessite quand même un peu d’évangélisation de notre part, mais les enseignes et les marques ont vite compris les bénéfices qu’elle pouvaient tirer de ces nouveaux dispositifs largement acceptés par les consommateurs. Par ailleurs, nos interlocuteurs sont plutôt côté marketing et CRM que cellule internet. Nous avons donc des cycles de discussion et de négociation relativement long, de 2 à 10 mois environ. Mais nous travaillons déjà avec des enseignes comme Truffaut, Nocibe, Best Western, Norauto,…

VT : A qui appartient les données récoltés dans le cas d’acquisition de nouveaux inscrits au programme de fidélité de l’enseigne ?

YC : Nous avons constaté que les formulaires d’adhésion papier que les enseignes distribuaient étaient quasiment identique les uns aux autres. Mutualiser la collecte de données nous a donc semblé une très bonne idée s’inscrivant dans une démarche plus respectueuse de l’environnement. Quand une personne souhaite adhérer à un nouveaux programme après avoir créé un compte Fidall, nous lui présentons les conditions d’utilisation de l’enseigne et mentions CNIL en question. Si elle sont acceptées, les données de l’utilisateur sont alors transmises au système d’information de l’enseigne et lui appartiennent. L’enseigne génère alors un numéro d’adhérent à son programme de fidélisation et nous le faisons figurer sur la carte dématérialisée dans l’appli Fidall.  Tout cela en quelques secondes

VT : Quels sont vos concurrents ?

YC : Compte tenu de notre double usage aujourd’hui, carte de fidélité et bons plans, les univers concurrentiels sont divers. Certaines sociétés se sont lancées sur la partie fidélisation, aux Etats Unis bien sur mais aussi en Europe. Sur les deals et les offres, d’autres ont un positionnement mass market et de volume sans réel ciblage hormis la géolocalisation, ce qui peut provoquer de mauvaises expériences utilisateurs. Fidall en ciblant uniquement par rapport à la carte de fidélité possédée s’assure de l’intérêt du consommateur pour la marque qui propose un deal. Ce dernier est alors perçu comme plus pertinant et les taux de conversions sont bien supérieurs… Concernant les applications des distributeurs, nous ne les considérons pas vraiment comme des concurrents, mais plutôt comme complémentaires. Les consommateurs attachés à une enseigne ou à une marque souhaitant avoir leur application existeront toujours, mais nous tablons sur ceux qui préféreront utiliser Fidall qui permet de regrouper toute leurs cartes de fidélité en une appli.

VT : Quels sont vos projets pour 2012 ?

YC : Au delà des nouvelles fonctionnalités que nous allons ajouter à nos versions iPhone et  Android, nous envisageons bien sûr de porter l’appli sur d’autres plateformes, notamment Windows Phone et BlackBerry.

Vous pouvez créer un compte dès maintenant sur le site de Fidall, prendre contact directement avec Yann Casanova et suivre leur actualité sur Twitter.

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