Skimm, l’appli qui simplifie le paiement mobile

skimm_logoLe m-commerce, ce n’est pas que l’apple store ou l’appli d’eBay, de Monoprix ou bien de la Fnac. Il s’agit aussi de payer dans la vraie vie, l’IRL, le offline, vous l’appelez comme vous voulez. C’est le pari d’une jeune start-up française, Skimm. Si vous avez lu ma thèse sur le marketing mobile, vous les connaissez déjà, sinon, ce billet est l’occasion pour vous de les découvrir. Fondée par trois jeunes à peine sortis d’école (HEC, Science Po et ENSIIE), Skimm s’est rapidement développée depuis son lancement il y a un an et demi à peine. Après avoir été au sein de la pépinière Le Camping by Silicon Sentier, une première levée de fonds de 300 000€ début 2012, l’équipe sort ces jours-ci la V2 de leur application iPhone, l’occasion idéale d’interviewer Antoine Sakho, un des trois fondateurs.

 Skimm, c’est quoi?

Skimm est une application pour smartphone permettant de payer en magasin physique, sur un site internet mais aussi de se transférer de l’argent entre amis. « L’idée est de simplifier la manière dont on règle nos achats. Il suffit de scanner avec son téléphone le QR code que votre commerçant vous présente, rentrer votre code pin Skimm créé à l’installation de l’application et le paiement s’effectue automatiquement par carte bleue via vos coordonnées bancaires. Il n’y a pas de somme minimum pour payer avec Skimm et c’est totalement gratuit pour les utilisateurs ».  Rien de mieux qu’une vidéo pour illustrer cela :

Votre mobile remplace ainsi votre portefeuille, plus besoin de pièce de monnaie, ni d’avoir votre carte bleue sur vous. Skimm n’a pas accès aux coordonnées bancaires de ses utilisateurs, c’est son partenaire financier Leetchi / Payline / Crédit Mutuel qui réalise les transactions financières. Mais par contre c’est bien Skimm qui apparaît sur votre relevé de compte bancaire. Il faut cependant savoir que le montant minimum débité est de 10€ même si l’on peut régler un montant inférieur lors de son premier achat.

Nouvelle application

La V2 pour iOS sort ces jours-ci, quelles sont les principales évolutions? « Nous avons à la fois ajouté des fonctionnalités et soigné notre design. Un didactitiel en 3 slides est désormais proposé à la première ouverture. La connexion au démarrage avec la carte bancaire a été facilité grâce à la technologie OCR (optical camera registration). L’application va automatiquement reconnaître les chiffres de votre carte bleue en la survolant, il reste plus qu’à entrer la date d’expiration et le code de sécurité. Par ailleurs, les utilisateurs peuvent désormais géolocaliser les commerçants acceptant Skimm autour d’eux. Nous intégrons désormais des offres et bons plans, ainsi les skimmeurs sont récompensés et incités à visiter nos marchands partenaires et à utiliser le service. Côté design, chaque écran de l’application a été entièrement repensé, afin qu’ils apparaissent plus épurés, et plus simples. Même chose avec le scan, plus rapidement accessible et dont le visuel a été retravaillé« . Je confirme que lors du test effectué pendant l’interview, le design m’est apparu plus soigné et agréable. Mais rien de mieux qu’un visuel :

skimm-menu-de-la-V2

Côté marchand, le commerçant peut procéder au paiement via Skimm sur un ordinateur fixe ou portable via un navigateur internet ou sur un smartphone/iPod toch/iPad via une application dédiée. L’inscription à Skimm PRO se fait en quelques clics et les avantages sont nombreux :

  • Pas de minimum  de facturation pour leurs clients, contrairement à la CB
  • Une commission inférieure à celle prélevée par les loueurs de terminaux et pas de frais fixes mensuels
  • Un back-office avec le récapitulatif des paiements effectués, export excel, reversement par virement automatique
  • La possibilité de créer du trafic avec des opérations de promotions relayées à la communauté des skimmeurs
  • Du matériel promo (stickers à poser sur une vitrine) est fourni
  • Vérification en temps réel du solde du client sur son compte bancaire

La valeur ajoutée du service aux marchands est forte, il permet d’adresser une cible jeune en attente de ce type de mode de paiement mais aussi de créer du trafic additionnel. « Notre cœur de cible est constitué de 18-25 ans, principalement les étudiants. On est très bien reçu par les associations d’étudiants dans les universités et les écoles et l’adoption est immédiate. Les jeunes comprennent très bien l’intérêt du service et l’utilisent pour leurs achats quotidiens. Nous avons aujourd’hui une trentaine de marchands partenaires dont Subway et Lina’s, que nous avons recruté autours des universités et à des points centraux de Paris (La défense, Saint Michel…) afin de permettre aux 3 500 porteurs de l’application de l’utiliser« .

J’ai moi-même lors de cette interview pu tester le service dans un restaurant près des locaux de Skimm où nous avons déjeuné, très simple et fluide, j’ai réglé mon repas en scannant le QR que la caissière m’a présenté sur son iPhone et le tour était joué !

 Interface Skimm Pro version iPad pour les marchands :

skimm-pro

Les ambitions et la concurrence :

Antoine évoque les objectifs que lui et les deux autres fondateurs de la start-up se sont fixés avec assurance. « Nous avons réalisé 130K€ de transactions entre février et mai et tablons sur un rythme de 150K€ par mois d’ici la fin de l’année. Nous devrions atteindre ce niveau sans trop de difficultés, il suffit pour cela d’atteindre 200 commerçants et 15 à 20 000 utilisateurs de l’application. Dès 2013, nous comptons nous développer dans les villes étudiantes de province ce qui va accélérer le volume de transactions ». L’ambition aujourd’hui est d’intégrer le moyen de paiement au sein des logiciels de caisse historiques afin d’atteindre rapidement un volume de point de vente important. « Ce marché est plutôt opaque et il s’agit de gros acteurs avec des roadmaps techniques de plusieurs années. Sans compter que certains acteurs peuvent avoir l’ambition de développer ce service en interne. Mais les discussions avancent et nous devrions signer avec certains d’entre eux. » La concurrence est importante face aux géants comme Google ou Facebook qui nourrissent de grandes ambitions sur le portefeuille mobile, sans compter les acteurs comme Level-up, Square, iZettle ou Paypal. « Nous pensons vraiment avoir une valeur ajoutée, premièrement nous ne sommes pas dépendants du hardware. Entièrement basé sur un service logiciel, nous fonctionnons sur n’importe quel interface et n’avons pas besoins d’équiper les commerçants d’un appareil supplémentaire. Deuxièmement, nous avons déposé deux brevets dès le début de notre activité protégeant notre savoir faire technique. Enfin, notre agilité en tant que start-up nous permet de prendre de vitesse ce genre d’acteurs et de continuer à innover.

Gageons que Skimm a encore plein d’autres projets de développement dans ses cartons. Surtout que ce secteur est en pleine ébullition et quasiment tout reste à inventer. Walmart par exemple est en train de tester le scan des produits eux-mêmes par iPhone. Jean-Michel Billaut, intervenant illustre et VIP du MBA a récemment interviewé Valentin Lautier, ça se passe bien sûr au Billaut show. Alors si cela vous a donné envie d’adopter Skimm, il vous suffit de télécharger l’application sur Itunes ou sur Google Play.

Souhaitons bonne continuation à toute l’équipe de Skimm qui est en bonne voie pour devenir une success story !

@skimmfr

Vincent Tessier

Comment Square révolutionne le paiement

C’est en lisant le Wired UK et en raison de son actualité que j’ai eu envie de faire ce billet sur Square . Son fondateur Jack Dorsey est un entrepreneur de 36 ans, co-fondateur et actuel Chairman de Twitter. Sa nouvelle société Square propose tout simplement de révolutionner l’industrie du paiement ! Square a compte déjà 350 employés et a enregistré 6 milliards de dollars de transaction. Elle s’apprête à lever $200M pour une valorisation de 3,25 milliards de dollars (source : business insider)

Comment ça marche?

Le produit phare, le Square reader :

Boccalone Gets Paid With Square from Square on Vimeo.

L’idée est simple, permettre à n’importe qui de facturer en carte bleue un client. Cela peut concerner des transactions qui se faisaient habituellement en cash (payer pour votre cours de guitare) ou bien aux petits commerces qui demandent un minimum de facturation pour accepter la carte bleue compte tenu des commissions des acteurs historiques de ce marché. Le déclencheur a été dans ce petit lecteur, design et élégant, qui a relayé aux oubliettes les espoirs trop longtemps déçus qui avaient été mis dans la technologie NFC. La première étape a été de toucher les commerçants avec le Card reader et Square Register. La 2ème étape a été lancée il y a peu avec le produit Pay with square dont l’objectif est d’équiper directement les consommateurs.

3 produits square :

    • Square card reader : avec l’aide d’un lecteur de carte à poser sur l’emplacement audio de son iphone ou de son android, l’application Square permet de facturer par CB, sans terminal de paiement supplémentaire. Cible : les commerçants et les indépendants
    • Square register : une application ipad qui a pour ambition de remplacer la caisse enregistreuse de votre commerçant physique habituel. Il est bien sûr possible d’enregistrer des paiements par CB et cash, payés le lendemain sur votre compte en banque. En un clic, vous pouvez imprimer un ticket de caisse ou ouvrir votre caisse d’argent liquide habituelle ! En bonus, le commerçant accède à un dashboard d’analytics complet afin de suivre ses stats de vente. La commission est la même qu’en utilisant le square card reader pour iphone, 2,75% par transaction. Cible : les commerçants et les indépendants

Square Register from Square on Vimeo.

  • Pay with Square (précédement appelé Card case) : Plus fort que le lecteur pour lire la CB. Le client donne simplement son nom à la caissière et elle procède directement au paiement, votre identité est détectée grâce au smartphone qui est dans votre poche. C’est un peu comme si vous demandiez à votre barman préféré de mettre tout ça sur votre note ! C’est une très belle utilisation du geo-fencing, une technologue de ciblage geographique qui a beaucoup d’avenir. Par ailleurs, l’application détecte quels sont les marchants qui accepteront ce nouveau mode de paiement. Il est par ailleurs possible de partager le lieu où vous avez payé sur les réseaux sociaux. Disponible sur iOS depuis son lancement et sur Android depuis Mars 2012. Cible : les consommateurs

Le gros avantage pour les commerçants est  qu’il n’y a pas de compte à créer, pas de frais mensuels, le lecteur (appelé dongle en anglais) est même offert ! La commission est de 2,75% sur chaque transaction. En France, le montant des transactions payées par CB s’élève à 482, 6 milliards d’euros en 2011 et il y a + de 60 millions de cartes en circulation (source : cartes-bancaires.com). Le déploiement international est actuellement en cours, encore un peu de patience pour pouvoir le tester en France. A noter cependant la présence d’un acteur européen local, iZettle (source : techcrunch).

Fidalisation / reward : 

Square a lancé ces derniers mois un programme de fidélité…un prolongement naturel et un service supplémentaire pour encourager son usage. Le consommateur cumulera des points à chaque fois qu’il paiera avec Square. Les Groupon et autres Livingsocial doivent regarder cela avec attention car il n’y a qu’un pas pour que cela leur fasse perdre des parts de marché auprès des marchands.

Concurrence :

Square est le plus visible et le plus agile des acteurs qui comptent bien révolutionner le paiement physique par le mobile. Il faut néanmoins compter avec des acteurs comme Intuit, American Express, Paypal, Verifone…

American Express a lancé SERVE en mars 2011 et a multiplié les annonces et les partenariats comme avec Zynga en mai de cette année par exemple. Le service permet de payer en ligne via email, offline avec sa carte bleue mais aussi d’effectuer des paiements entre particuliers, y compris sur facebook !

Pour y voir un peu plus clair, voici une matrice pour mieux comprendre les acteurs du mpaiement et leur positionnement :

Paypal :  Le géant du paiement online compte bien manger une part du gateau offline que Square commence à grignoter. La société a donc lancé en début d’année Paypal Here, sa réponse au dongle de Square (pour l’instant compatible que sur les iPhone). Paypal a même finalement racheté la société partenaire qui supportait le produit, Card.io (source : presse citron).

Verifone : Acteur du paiement traditionnel qui fournit les TPE (Terminaux de Paiement Eléctroniques), Verifone ne veut pas se laisser distancer plus longtemps. Il a lancé Payware et dernièrement un lecteur fortement similiaire à celui de Square, le SAIL (uniquement iPhone). La lutte sera bien plus dure avec cet acteur qui possède plus de 20 millions de points de vente utlisant leur service de carte bleue en base clients et avance couvrir 65% du commerce physique américain.

Apple a récemment fait l’annonce de son portefeuille virtuel, nommé PassBook, qui se contente aujourd’hui de rassembler les cartes de fidélité. Techcrunch a fait un excellent article pour couvrir cette annonce. Si la firme décide de se lancer complètement dans cette activité, il y a fort à parier que ses 400 millions de cartes de crédit de clients Apple devraient l’y aider !

…la liste pourrait s’allonger avec les opérateurs télécom et les géants du web comme Facebook et Google qui ont de grandes ambitions sur le sujet. D’ici là Square continuera à faire le buzz et à nous étonner avec de nouvelles innovations.

Vincent Tessier

@vincentessier